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COVID-19 : Ces médicaments qui influent sur la réponse du corps à l’infection

Actualité publiée il y a 7 mois 2 jours 5 heures
British Journal of Clinical Pharmacology
Les médicaments affectent-ils nos réponses immunitaires aux infections comme le COVID-19 ? (Visuel Adobe Stock 163849349)

Certains médicaments affectent-ils nos réponses immunitaires aux infections comme le COVID-19 ? Certains médicaments courants peuvent aider et d'autres entraver les réponses immunitaires, conclut cette équipe de pharmacologues et d’immunologistes de l’Université de Sydney. L’équipe vient d’effectuer le plus grand examen clinique jamais réalisé des réponses immunitaires au paracétamol, aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et aux analgésiques opioïdes. L’analyse fournit, dans le British Journal of Clinical Pharmacology de nouvelles données sur les effets imprévus de ces médicaments couramment utilisés; et met en évidence le potentiel de certains de ces médicaments à rejoindre l’arsenal des outils efficaces contre les maladies infectieuses.

 

La recherche s’étant jusque-là plus concentrée sur les effets de ces médicaments sur la gestion de la douleur et de la fièvre, leur action contre l’infection ou dans un contexte d'infection en particulier n'était pas claire. Ces nouvelles données soulignent la nécessité de mener davantage d'études sur les mécanismes mal connus et dans certains cas anti-infectieux de ces molécules. .

Obtenir l'analgésie tout en évitant l'immunosuppression

L'étude : les chercheurs de Sydney ont opté pour la méthodologie de l'examen afin de pouvoir aboutir à une synthèse des preuves disponibles. L'auteur principal, le Dr Christina Abdel-Shaheed du de Sydney Musculoskeletal Health, s’était initialement intéressée aux effets possibles du paracétamol (acétaminophène) pendant la pandémie. L’équipe a ensuite décidé d'étudier plus largement les analgésiques et les médicaments contre la fièvre. L’examen montre que certains des médicaments courants contre la douleur et la fièvre peuvent interagir avec le système immunitaire pour combattre ou au contraire favoriser l'infection. Ainsi,

 

  • la morphine indiquée pour la douleur supprime certaines cellules clés du système immunitaire et augmente le risque d'infection, en particulier après une chirurgie du cancer ; un point d’autant plus critique que les les patients atteints de cancer sont vulnérables face au COVID-19 ;
  • les antipyrétiques (indiqués pour la fièvre) dont le paracétamol, l'ibuprofène, l'aspirine peuvent réduire la réponse immunitaire souhaitable lorsqu'ils sont pris à l’occasion de la vaccination ; « prendre du paracétamol ou de l'ibuprofène avant ou immédiatement après la vaccination dont la vaccination contre le COVID-19 dans l’objectif de prévenir une légère fièvre ou des maux de tête n'est pas recommandé, car cela peut réduire la réponse immunitaire souhaitable de l'organisme au vaccin ».
  • l'aspirine pourrait être une option thérapeutique abordable et accessible pour lutter contre une maladie infectieuse spécifique, la tuberculose ;
  • l’anti-inflammatoire indométhacine peut réduire la réplication virale dans le Covid-19, mais des essais humains à grande échelle restent nécessaires pour confirmer cet effet ;
  • l'utilisation de l'ibuprofène en cas de varicelle n'est pas recommandée car cela peut augmenter le risque d'infections cutanées bactériennes secondaires...

 

L’objectif avec ces différents médicaments est bien d’obtenir l’analgésie tout en évitant l'immunosuppression. Ces nouvelles données impliquent donc de nouvelles recherches avant de pouvoir exploiter certains de ces médicaments dans de nouvelles indications anti-infectieuses et éviter les interactions nocives d’autres médicaments.  

 

« Les médicaments couramment utilisés contre la douleur et la fièvre devraient être explorés plus avant en tant que traitements d'appoint peu coûteux et efficaces qui influencent les voies immunitaires et inflammatoires pour les personnes sous traitement pour une infection ».

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