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COVID-19 : Comment les anomalies métaboliques accélèrent la pathogenèse virale ?

Actualité publiée il y a 3 semaines 4 jours 4 heures
Journal of Virology
L’obésité, un moteur de viralité ? (Visuel Adobe Stock 336483438)

L’obésité et sa comorbidité le diabète sont maintenant largement documentés comme des facteurs majeurs de formes sévères de COVID-19, de complication, d’hospitalisation, de traitement en soins intensifs et de de décès. Cette revue de la littérature réalisée par une équipe de chercheurs de la St.Jude Graduate School of Biomedical Sciences et de l'Université du Tennessee (Memphis) suggère que cette corrélation est bien plus large : ces troubles métaboliques augmentent le risque de maladie grave pour de nombreuses infections virales, selon les conclusions présentées dans le Journal of Virology.

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Les chercheurs rappellent dans leur communiqué que le syndrome métabolique est la combinaison d’au moins 3 facteurs de risque de maladie cardiaque, d'accident vasculaire cérébral et de diabète de type 2 (DT2). Ces conditions comprennent l’excès de graisse abdominale, une pression artérielle élevée, un excès de sucre dans le sang, des anomalies lipidiques (dont l’excès de triglycérides et de cholestérol), une résistance à l'insuline et un état pro-inflammatoire.

L’obésité, un moteur de viralité ?

Les auteurs citent les nombreuses études ayant corrélé l'obésité à une sévérité accrue d’autres infections comme la grippe A, à des charges virales plus élevées dans l'expiration et à une transmission prolongée du virus. Selon cet examen de la littérature, la hausse même de prévalence de l’obésité et de ses comorbidités pourrait favoriser l'émergence de variantes plus pathogènes.

 

  • L'obésité est aujourd’hui reconnue comme un facteur de risque de forme sévère de COVID-19 : « Ce n'est pas surprenant », écrivent les chercheurs, « car l’excès de poids corporel et les dépôts de graisse appliquent une pression sur le diaphragme, ce qui augmente encore la difficulté de respirer au cours d'une infection virale ».
  • Le diabète n’est pas laissé en reste : une étude menée auprès de 174 patients diabétiques confirmés avec COVID-19, révèle que ces patients ont connu des formes plus sévères de pneumonie que les patients COVID-19 non diabétiques. Les scanners ont révélé des anomalies pulmonaires plus larges et plus sévères chez ces patients.
  • Les patients obèses et diabétiques présentent également une augmentation importante des taux sériques d'IL-6, un biomarqueur prédictif de la gravité de la maladie. Ces données impliquent que le SRAS-CoV-2 provoque une maladie sévère avec une pneumonie bilatérale et une tempête de cytokines qui endommage la barrière épithéliale-endothéliale pulmonaire.
  • Les patients diabétiques souffrent plus souvent d'hypertension ou de maladie cardiaque. Ils sont alors généralement traités avec des inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (ECA) ou des bloqueurs des récepteurs de l'angiotensine (ARA) qui peuvent augmenter l'expression de l'ACE2, le récepteur que le SRAS-CoV-2 utilise pour pénétrer dans les cellules hôtes.

 

L’obésité et le syndrome métabolique, facteurs majeurs de formes sévères, mais pourquoi ?

Au-delà de l’épidémie actuelle qui repose la question, ces scientifiques suggèrent de mener des recherches sur cette corrélation, en particulier parce que les résultats pourraient bien être utiles dans la préparation mondiale contre les souches virales saisonnières et pandémiques émergentes.