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COVID-19 : Dans le monde, des milliers de nouveau-nés séparés de leur mère

Actualité publiée il y a 4 mois 1 semaine 5 jours
BMJ Global Health
De nombreux professionnels de santé et de la néonatalité dans le monde ont séparé les mères et leurs bébés en cas de statut COVID-19 positif ou inconnu (Visuel Fotolia)

De nombreux professionnels de santé et de la néonatalité dans le monde ont séparé les mères et leurs bébés en cas de statut COVID-19 positif ou inconnu. C’est la révélation de cette étude de la London School of Hygiene & Tropical Medicine qui apporte dans le BMJ Global Health, une photographie globale de la « naissance » pendant la pandémie, une intervention vitale et critique mise à mal dans de nombreux pays. Principaux facteurs en jeu, la peur des personnels de santé, le manque d'EPI et de ressources, y compris l'oxygène.

 

1.120 professionnels de santé du monde entier ont été interrogés et les 2 tiers ont déclaré séparer les mères et les bébés avec un statut COVID-19 positif ou inconnu. Les auteurs réaffirment la nécessité de garder les mères et les bébés ensemble et estiment que ce protocole naturel pourrait sauver plus de 125.000  nouveau-nés, ce qui représente une réduction par 65 du risque de décès des nouveau-nés en cette pandémie de COVID-19. Enfin, ces données mettent en exergue le besoin considérable de ressources pour renforcer les soins aux nouveau-nés pendant la pandémie. Mais pas seulement.

La pandémie COVID-19 a considérablement affecté la qualité des soins aux nouveau-nés

Cette première enquête centrée sur la santé des nouveau-nés pendant la pandémie a été réalisée par une collaboration mondiale, réunissant des chercheurs de la London School of Hygiene & Tropical Medicine et du St.John's Medical College (Bangalore, Inde). L’enquête a interrogé en ligne des milliers de professionnels des soins néonatals dans 62 pays dont d’Afrique et d'Asie  (> 76% des répondants). Parmi les résultats les plus frappants :

  • plus de 85% des professionnels de santé déclarent «craindre pour leur propre santé»,
  • les pénuries d'EPI, le stress et les problèmes de sécurité sont des problèmes souvent signalés ;
  • les personnels de certains hôpitaux signalent la pénurie de ressources vitales, tant en personnel qu’en matériel, notamment pour la ventilation en oxygène des nouveau-nés ;
  • les deux tiers des personnels de santé ne soutiennent plus le peau-à-peau, une technique pourtant vitale impliquant un contact peau à peau précoce et prolongé pour les bébés prématurés ; c’est idem pour l'allaitement maternel, en particulier pour les mères ayant un statut COVID-19 inconnu. Pourtant de nombreuses études ont montré l’importance du maintien de l’allaitement maternel

« Au lieu de cela, ces nouveau-nés sont séparés de leur mère et encourent un risque accru de décès ».

 

125.000 décès de nouveau-nés associés: Les chercheurs citent une étude publiée dans la revue EClinicalMedicine, dirigée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) menée sur 127 pays et qui fait état de plus de 125.000 décès de nouveau-nés associés à ces déficits de prise en charge néonatale. À l'inverse, le risque que les nouveau-nés développent le COVID et meurent entraînerait moins de 2.000 décès, précisent les chercheurs.

Le professeur Suman P N Rao, du St.John's Medical College, auteur principal de ces études rappelle que « la méthode kangourou et le peau-à-peau font partie des moyens les plus efficaces et les plus rentables de protéger les nouveau-nés. Il est urgent que que les mères soient soutenues dans ces pratiques et que les professionnels de la santé se sentent en sécurité pour apporter ce soutien ».

 

Les nouveau-nés sont les citoyens les plus vulnérables du monde. Chaque année, 2,5 millions de nouveau-nés meurent dans les 28 jours suivant leur naissance et plus de 80% d'entre eux naissent avec un faible poids à la naissance.

 

Le manque de dépistage du SRAS-CoV-2 : il faut noter que le manque de dépistage est également largement signalé par de nombreux répondants. Seul un tiers des répondants déclarent que le dépistage est systématiquement disponible pour les femmes enceintes admises pour accouchement (36,2%) et celles présentant des symptômes ou des antécédents de contact (30,7%). Le dépistage des femmes enceintes admises pour accouchement a été signalé comme indisponible par 21,9% des professionnels interrogés en Afrique.

 

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour développer des moyens et des interventions pouvant assurer la qualité des soins néonatals, même en période de crise pandémique. « Nos résultats montrent à quel point le COVID-19 perturbe les soins aux nouveau-nés »

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