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COVID-19 : Et s’il favorisait le développement du diabète ?

Actualité publiée il y a 6 mois 2 semaines 12 heures
Diabetologia
Des taux plus élevés de diabète de type 2 nouvellement diagnostiqué sont observés après une infection par le COVID-19 léger (Visuel Adobe Stock 440536164)

Cette étude menée au German Diabetes Center de la Heinrich Heine University, révèle en effet des taux plus élevés de diabète de type 2 nouvellement diagnostiqué, après une infection COVID-19 légère à modérée. Ces données, publiées dans la revue Diabetologia, suggèrent ainsi une association possible entre les cas bénins de COVID-19 et le diagnostic ultérieur de diabète de type 2, avec des implications en termes de détection.

 

Il s’agit de l’analyse de dossiers de santé de 1.171 cabinets de médecine générale en Allemagne. L’analyse révèle que les adultes qui récupèrent d'un COVID-19, principalement léger, semblent avoir un risque significativement plus élevé de développer un diabète de type 2. Ce niveau de risque est comparé à celui d’un groupe de témoins appariés atteints d'autres types d'infections respiratoires mais exempts de COVID.

Faut-il dépister le diabète après un diagnostic de COVID ?

L’étude : il s’agit de l’analyse des dossiers de santé de 8,8 millions d'adultes ayant consulté dans 1.171 cabinets de médecine générale en Allemagne entre mars 2020 et janvier 2021 dont ceux de 35.865 patients diagnostiqués avec COVID -19. L'incidence du diabète chez ces patients diagnostiqués avec le COVID-19 a été comparée à celle d’une cohorte de témoins diagnostiqués avec une infection aiguë des voies respiratoires supérieures mais pas le COVID-19, sur la même période d’étude. Les témoins ont été appariés pour un grand nombre de facteurs, dont le sexe, l'âge, la couverture d'assurance maladie, les comorbidités (obésité, hypertension artérielle, taux de cholestérol élevé, crise cardiaque, accident vasculaire cérébral). L’analyse constate que :

 

  • les nouveaux cas de diabète de type 2 sont plus fréquents chez les patients testés positifs au COVID-19 que chez les témoins, soit 15,8 vs 12,3 pour 1.000 personnes par an ;
  • cela représente une augmentation du risque de 28 %.

Si ces conclusions étaient confirmées, cela signifierait, en effet, l’intérêt de dépister le diabète chez les patients, après récupération de formes bénignes de COVID-19. Ce lien possible entre le COVID-19 et le diabète est d’ailleurs à l’étude dans d’autres recherches en cours, portant notamment sur les symptômes du COVID long. Enfin, de précédentes études ont noté que l'inflammation causée par le SRAS-CoV-2 peut endommager les cellules bêta productrices d'insuline, entraînant ainsi une hyperglycémie aiguë (glycémie élevée). Les tissus pourraient également devenir moins réactifs à l'insuline en raison de l'inflammation dans le corps. Enfin, le mode de vie plus sédentaire imposé par la pandémie pourrait également avoir joué un rôle. Car, globalement, l’hyperglycémie et la résistance à l'insuline d'apparition récente ont été fréquemment signalées chez des patients atteints de COVID-19 pourtant sans antécédent de diabète.

 

Les auteurs écrivent : « L'infection au COVID-19 peut conduire au diabète par régulation positive du système immunitaire après la récupération, ce qui peut induire un dysfonctionnement des cellules bêta pancréatiques et une résistance à l'insuline. Les patients peuvent avoir été à risque de développer un diabète en raison de l'obésité ou du prédiabète, et le stress lié au COVID -19 aura exacerbé ce risque. En effet, le risque de glycémie anormalement élevée chez les personnes atteintes de COVID-19 est très probablement un continuum, lié à des facteurs de risque tels que des lésions aux cellules bêta, une réponse inflammatoire exagérée et des changements dans la prise de poids liée à la pandémie et la diminution de l’activité physique ».

 

Le risque plus élevé de diabète suivant une infection COVID-19 apparaît donc réel et multifactoriel. Cependant, alors que les patients COVID-19 ne sont suivis que pendant quelques jours ou semaines, un suivi supplémentaire s’impose pour identifier un diabète de type 2 après un COVID-19 léger et vérifier qu’il n'est que temporaire et peut être inversé après le rétablissement complet.

 

Bien que le diabète de type 2 ne soit probablement pas un problème pour la grande majorité des personnes atteintes de COVID-19 léger, les auteurs recommandent à toute personne qui s'est remise de COVID-19 d'être consciente des signes avant-coureurs et des symptômes tels que la fatigue, des mictions fréquentes et une soif accrue.

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