DERMATITE ATOPIQUE : Et si la peau devenait dépendante à la cortisone ?
Cette équipe de dermatologues de Université de Göteborg (Suède) relève une forte sensibilité voire des douleurs cutanées lors de la diminution progressive de l’application de pommade à la cortisone, en cas de dermatite atopique, par exemple. L’équipe décrypte ce processus, dans la revue Acta Dermato Venereologica, analysé par de nombreux patients utilisateurs comme une dépendance cutanée à la cortisone.
De nombreuses recherches portent sur la crise des opioïdes, et leurs substituts possibles, mais peu de recherches ont porté sur les pommades topiques à base d’opioïde. Pourtant, de nombreux rapports de peau douloureuse et de troubles du sommeil – liés aux démangeaisons- ont été signalés lors de la diminution progressive de l’application de crème à la cortisone dans l'eczéma atopique.
Le sevrage des stéroïdes topiques a aussi ses symptômes
Cette recherche confirme ces symptômes de « sevrage des stéroïdes topiques », un phénomène qui se traduit communément comme une peau extrêmement rouge, inflammée et douloureuse. Bien qu’il n’existe pas de tableau clinique pour cette forme de dépendance et ce diagnostic établi,
tout indique que la peau est devenue dépendante à la cortisone.
Mais si peu de recherches ont observé, décrit et établi ce mécanisme de dépendance, le terme de dépendance cutanée est devenu courant, fréquemment utilisé sur les réseaux sociaux, et cela suscite aujourd’hui des inquiétudes quant à la sécurité de ces crèmes à base de cortisone.
L’étude est menée auprès d’un large groupe de patients ayant utilisé une telle pommade et qui ont fourni un compte rendu détaillé de leurs éventuels symptômes, au moment de la diminution progressive de son utilisation. Tous les participants étaient atteints de dermatite atopique, et l’analyse a finalement porté sur une centaine de comptes-rendus. L’analyse de ces données autodéclarées révèle que :
- il existe de grandes variations dans la façon dont les participants définissent ce phénomène de « sevrage » ;
- le plus souvent, les répondants évoquent une « dépendance à la cortisone »,
- avec une aggravation des symptômes lors de la diminution ou de l'arrêt de l’utilisation ;
- cependant, de nombreux autres patients décrivent une réaction similaire à la cortisone déjà pendant son utilisation ;
- ainsi, la pommade à base de cortisone est souvent considérée par les utilisateurs comme un déclencheur de tels symptômes de rougeur et de douleur ;
- les symptômes observés sur la peau comprennent des rougeurs et la douleur et sont assez similaires à ceux observés lors d'une exacerbation de la dermatite atopique ;
- dans certains cas, en plus de la peau qui rougit, celle-ci sèche et forme des cloques, principalement sur le visage, le cou, le torse et les bras ;
- les utilisateurs décrivent également des problèmes de sommeil dus aux démangeaisons ainsi que des signes d'anxiété et de dépression ;
- enfin, sont fréquemment signalés concomitamment des symptômes de dermatite atopique et de sevrage cutané.
Les chercheurs appellent les dermatologues et les professionnels de la santé à informer leurs patients sur ces éventuels symptômes de dépendance cutanée à la cortisone, même si « aujourd’hui, rien ne justifie d'éviter son utilisation par crainte de ces effets secondaires ».
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