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DERMITE Associée à l'INCONTINENCE: Des lingettes pour les soins et la toilette?

Actualité publiée il y a 3 années 2 mois 2 semaines
American Journal of Clinical Dermatology

L’incontinence est un trouble très prévalent dans les établissements de soins de santé : elle touche entre 50 et 70 % des résidents et 90% des personnes atteintes de dépendance physique et/ou mentale. L'une de ses principales complications, la dermatite associée à l’incontinence (DAI), une inflammation dans la région anale et génitale liée à la macération de la peau, peut atteindre 50% des personnes incontinentes en EHPAD. Si les soins d’hygiène standards (soit le lavage traditionnel à l’eau et au savon), souvent complexes à mettre en œuvre chez ces patients ne parviennent pas à réduire l’incidence de la DAI, on peut légitimement se poser la question du recours à d’autres dispositifs d’hygiène jetables, comme les gants jetables prêts à l’emploi ou les lingettes pour les soins ou la toilette.

Il s'agit alors de vérifier si le recours à ces dispositifs permet - de réduire l'incidence de la DAI (et du risque d'ulcère de pression -ou escarre- associé), - d'améliorer le confort des patients lors des soins et de la toilette, et plus généralement leur bien-être et leur qualité de vie, - de vérifier la survenue d'éventuels effets indésirables, - de regarder également les avantages de la méthode pour les soignants -à comparer au bain de siège standard- - et d'estimer es coûts associés pour l'établissement (ou le patient à domicile).


Prévention et soin de la DAI, 3 étapes : La prévention de la DAI -telle que rappelée par une équipe d'urologues de l'Université de Virginie consiste à éviter ou à réduire l'exposition aux selles ou à l'urine, à instaurer un plan de soins de la peau structuré autour des principes de base suivants : lavage en douceur, hydratation, de préférence avec un émollient, application d'un agent protecteur sur la peau. L'objectif de ce plan de prévention et/ou de soin est - l'élimination des agents irritants de la peau affectée,
- l'éradication des infections cutanées (ex : candidose),
- le confinement ou le détournement de l'urine ou des selles.
Ce dernier point a été regardé en 2007 : cette étude menée sur près de 2.000 résidents dont plus de 900 surveillés pour DAI confirme l'intérêt d'une barrière contre l'humidité soit sous forme de crème ou de pommade, soit sous forme d'un film à base de polymère 3 fois par semaine. Cette dernière solution, certes moins « moderne » est analysée comme la plus efficace -en termes de prévention de la DAI- et comme la moins coûteuse pour les établissements. Quoiqu'il en soit cette notion de barrière d'humidité apparaît comme primordiale dans la prévention de la dermatite.

Des lingettes 3 soins en 1 : en 2014, un groupe d'experts internationaux a examiné les données disponibles sur la DAI et a proposé de « bonnes pratiques » pour prévenir le risque de DAI et d'escarre chez le patient incontinent, et pour prendre en charge au mieux cette affection douloureuse et perturbante au-delà de l'incontinence pour le patient. Cette expertise relève que certaines lingettes de soins de continence « 3 soins en 1 » destinées à laver, protéger et réhydrater (restore) peuvent présenter l'avantage de simplifier les soins, réduire le nombre d'étapes, simplifier les soins pour le patient et permettre un gain de temps pour le soignant.

D'autres dispositifs existent : on peut citer cette étude publiée dans la revue Nursing Studies qui conclut ainsi, sur 500 résidents et 275 infirmières, que le « lavage sans eau » (ici avec des gants de toilette pré-savonnés à humidifier) protège modérément la peau des lésions de type dermite, et que le coût en institution d'une telle solution ne diffère pas d'un « bain de lit » traditionnel. Ainsi, le lavage sans eau peut être considérée comme l'alternative la plus efficace.

Alors quels dispositifs, lingettes ou gants choisir ? Dans l'attente de données plus précises, on préfèrera les dispositifs proposés par les fabricants spécialisés dans l'incontinence et bien implantés en institutions (TENA : ex Tena Wet Wipe ou Hartmann ex : ValaClean/ Menalind ), et on évitera les dispositifs aux formulations comportant des composés encore mal documentés.

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