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Des BACTÉRIES multi-résistantes dans vos bagages de retour

Actualité publiée il y a 4 années 2 mois 5 jours
Clinical Infectious Diseases

Un voyageur sur 2 de retour des « Tropiques », rapporte des entérobactéries multi-résistantes (EMR), révèle cette étude française. Une acquisition favorisée par la prise d’antibiotiques, selon les conclusions présentées dans la revue Clinical Infectious Diseases. Des implications directes : l’importance de respecter les mesures de prévention et d’hygiène élémentaires et alimentaires et, pour les Professionnels de santé, d’inclure la détection des EMR chez les patients déclarant une infection dans mois suivant leur retour de zone tropicale.

Les entérobactéries sont des micro-organismes naturellement présents dans notre tube digestif. Si certaines sont parfaitement inoffensives, d'autres peuvent être responsables d'infections graves. Dans ce cas, les patients sont traités à l'aide d'antibiotiques. Malheureusement, une partie de ces bactéries y sont résistantes rendant difficile le traitement de ces maladies. En période de chaleur, l'intoxication alimentaire est plus fréquente, par ingestion des microbes, dont les entérobactéries, ou des toxines qui se développent plus rapidement dans les aliments puis se reproduisent dans les intestins.


L'étude, menée par Etienne Ruppé (Hôpital Bichat, INSERM), révèle ici l'acquisition d'entérobactéries multi-résistantes (EMR), une acquisition favorisée par la prise d'antibiotiques, qui altèrent l'effet de protection « barrière » naturelle des bactéries normalement présentes dans le tube digestif. L'étude est partie des 6 centres internationaux de vaccination de la région parisienne où se rendent les voyageurs en prévision d'un voyage en zones régions tropicales. 824 voyageurs ont été recrutés et ont été invités à fournir un échantillon de selles avant et après leur voyage. Ceux diagnostiqués au retour avec EMR ont été invités à envoyer des échantillons fécaux 1, 2, 3, 6 et 12 mois après leur retour, ou jusqu'à ce que les entérobactéries soient indétectables.

· Parmi 824 voyageurs participants, 574 ont fourni des échantillons de matières fécales avant et après et n'étaient pas porteurs avant le départ.

· Parmi les non-porteurs au départ,

- 51% ont acquis près de 2 types d'entérobactéries (1,8), ce taux atteint :

- 72% pour les voyageurs en provenance d'Asie,

- 48% pour les voyageurs en provenance d'Afrique,

- 31% pour les voyageurs en provenance d'Amérique latine.

- 0,5% entérobactéries productrices de carbapénèmase (EPC : de type Klebsiella pneumoniae, Escherichia coli (Visuel), Enterobacter cloacae…résistantes).

· Cette acquisition est favorisée par le type de Voyage, les voyages ouverts, de type familial ou « routard » étant associés à un risque plus élevé.

Des implications immédiates pour les voyageurs et les professionnels : Ces données doivent rappeler l'importance,

- d'une prescription et d'un usage rigoureux des antibiotiques,

- le respect des règles de prévention et d'hygiène alimentaires et élémentaires durant le voyage,

- le suivi des conseils et prescriptions des centres de vaccination, en fonction de la destination.

- la nécessité de détection des EMR chez les patients déclarant une infection suivant leur retour de zone tropicale.

Source: Clinical Infectious Diseases Avril 2015. doi: 10.1093/cid/civ333 High Rate of Acquisition but Short Duration of Carriage of Multidrug-Resistant Enterobacteriaceae After Travel to the Tropics. (Visuel@David Gregory and Debbie Marshall Wellcome Images@NIH)

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