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e-CIGARETTE : Inflammation des poumons, inflammation du côlon ?

Actualité publiée il y a 1 année 9 mois 2 semaines
eLife
Il existe un lien entre l'utilisation chronique de la e-cigarette et des changements dans les marqueurs inflammatoires dans l’ensemble du corps (Visuel Fotolia)

Les cigarettes électroniques modifient l'état inflammatoire des poumons, mais aussi du cerveau, du cœur et du côlon, révèle cette étude de l’Université de Californie (UC) San Diego. L’équipe établit un lien entre l'utilisation chronique de la e-cigarette et des changements dans les marqueurs inflammatoires dans l’ensemble du corps, qui apparaissent dépendants du e-liquide et donc de la saveur de la cigarette.

 

Les cigarettes électroniques à base de dosettes ou cartouches ne sont devenues populaires qu'au cours de ces 5 dernières années, par conséquent « leurs effets à long terme sur la santé restent encore mal connus » relève le Dr Laura Crotty Alexander, professeure agrégée de médecine à l'UC San Diego et chef de service de soins intensifs pulmonaires. Ainsi, la plupart des recherches menée à ce jour ont porté sur des durées d’utilisation à court terme, des dispositifs plus anciens ou des concentrations de nicotine dans les e-liquides, nettement inférieures à celles des systèmes modernes à base de dosettes rechargeables. Cette nouvelle étude montre, précisément, que l’utilisation quotidienne de cigarettes électroniques (Juul) modifie ainsi l'état inflammatoire de plusieurs systèmes organiques, suggérant que cette utilisation pourrait influencer la susceptibilité à certaines infections dont l’infection à SRAS-CoV-2.

L'effet inflammatoire est le plus marqué dans le cerveau

L’étude : l'équipe s'est donc concentrée sur la marque de cigarettes électroniques la plus diffusée, Juul, et ses saveurs les plus populaires : menthe et mangue. Les chercheurs ont « modélisé » son utilisation chez de jeunes souris adultes exposées à des aérosols aromatisés 3 fois par jour pendant 3 mois. Puis les chercheurs ont évalué les différents effets dont signes d'inflammation dans tout le corps. Cette analyse révèle :

 

  • des effets les plus marqués dans le cerveau, où plusieurs marqueurs inflammatoires s’avèrent plus élevés ;
  • des changements dans l'expression des gènes neuro-inflammatoires dans le noyau accumbens, une région du cerveau essentielle à la motivation et au traitement des récompenses ; des résultats préoccupants alors que la neuro-inflammation dans cette région est liée à l'anxiété, à la dépression et aux comportements addictifs ;
  • une augmentation de l’expression des gènes inflammatoires également dans le côlon, en particulier après 1 mois d'exposition à la cigarette électronique : une observation qui suggère aussi une augmentation du risque de maladie gastro-intestinale ;
  • une diminution -surprenante- des niveaux de marqueurs inflammatoires dans le cœur, analysé comme un état d’immunosuppression par les auteurs avec une vulnérabilité accru possible du tissu cardiaque aux infections ;
  • si les poumons ne présentent pas de signes d'inflammation particuliers au niveau des tissus, de nombreux changements d'expression génique sont observés dans les biopsies, qui justifient des recherches complémentaires ;
  • la réponse inflammatoire de chaque organe varie en fonction de la saveur utilisée. Ainsi, les cœurs de souris ayant inhalé des aérosols de menthe deviennent beaucoup plus sensibles aux effets de la pneumonie bactérienne que ceux qui ont inhalé des aérosols de mangue.

 

Les arômes chimiques également en question : l’étude montre toute la complexité de l’analyse des effets de la cigarette électronique, en raison de niveaux d’exposition faibles mais à long terme, de la grande variété des dispositifs sur le marché mais aussi des e-liquides et des arômes. Car le choix de l’arôme détermine aussi une partie des changements pathologiques.

 

Et en cas de COVID ? Les chercheurs abordent ce cas clinique : l’utilisation fréquent de la e-cigarette aromatisée au menthol en cas de COVID-19 pourrait induire une réponse très différente à l’infection, car chez chaque individu, l'environnement immunitaire de chaque organe a son propre réglage.

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