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Le mode d’ACCOUCHEMENT détermine le microbiome cutané de l'enfant

Actualité publiée il y a 1 mois 5 jours 4 heures
Journal of Investigative Dermatology
A l’âge de 10 ans, le mode de naissance de l’enfant détermine toujours le microbiome cutané de son visage !

La population bactérienne de la peau ou microbiome cutané des enfants est, dans une large mesure similaire à celle de leurs mères. Cette étude d’une équipe de la Fudan University (Shanghai) révèle l’impact à long terme du mode d’accouchement, vaginal ou par césarienne, sur la composition de ce microbiome. Ces travaux, présentés dans le Journal of Investigative Dermatology montrent notamment, qu’à l’âge de 10 ans, le mode de naissance de l’enfant détermine toujours le microbiome cutané de son visage !

 

La peau constitue la première ligne de défense de l'organisme contre les agressions de l'environnement. Son microbiome héberge environ 10 milliards de cellules bactériennes/ 1,8 m2. Les bactéries associées à la peau constituent une grande partie du microbiome humain et interagissent avec le système immunitaire de l'hôte par de nombreuses voies. Selon le microenvironnement de la peau, certaines bactéries peuvent agir soit comme des microbes bénéfiques, soit comme des agents pathogènes opportunistes.

Le mode d'accouchement est un facteur clé et persistant dans la formation du microbiome de l'enfant.

La maturation de ces communautés microbiennes de la peau pendant l'enfance est importante pour la santé cutanée des enfants et le développement du système immunitaire à l'âge adulte, mais seules quelques études ont analysé ce microbiote chez les jeunes enfants. Cette étude révèle que les types de bactéries retrouvés sur la peau des enfants sont plus similaires à ceux retrouvés chez leur propre mère.

Jusque-là, les recherches sur l'influence de la mère sur le microbiome cutané de son enfant s’étaient limitées à la fenêtre post-partum, chez les enfants de moins d'un an. Peu d’études ont encore exploré la relation maternelle avec ce microbiome de l'enfant après l'enfance. L’auteur principal, Zhe. -Xue Quan, chercheur à l’École des sciences de la vie, Université Fudan explique qu’il qa souhaité, avec ses collègues, « élargir l’analyse à différents sites du corps et à une comparaison directe avec le microbiome de la mère ».

 

Le mode d'accouchement reste déterminant : Les chercheurs ont effectué cette analyse pour 158 enfants âgés de 1 à 10 ans. Les mères de 50 de ces enfants ont été sélectionnées au hasard et recrutées pour représenter différents groupes d'âge. Les structures de microbiote entre les enfants et leurs mères ont été comparées par séquençage et sur 3 sites cutanés : le centre de la joue; à un quart de la longueur de l'avant-bras à partir de la main; et le centre du mollet. 474 échantillons pour les 3 sites cutanés par enfant ont été analysés. L’analyse montre que :

  • L'emplacement et l'âge sont les principaux facteurs déterminants de la composition bactérienne cutanée de l'enfant,
  • La composition du microbiome cutané varie donc principalement entre les 3 sites ;
  • il existait une corrélation négative entre les abondances de certaines bactéries (Streptococcus et de Granulicatella notamment) et l'âge de l’enfant ;
  • l'abondance relative de la plupart des familles de bactéries est très similaire entre l’enfant et sa mère ;
  • la composition bactérienne du microbiome du visage des enfants à l’âge de 10 ans reste fortement liée au fait qu’ils soient nés par césarienne ou par accouchement vaginal.

 

 

C'est la démonstration de la persistance de l’influence de la mère sur le microbiome cutané de l’enfant.

« Ces résultats suggèrent que la population bactérienne présente sur la peau d'un enfant est dans une large mesure similaire à celle de sa mère, et est affectée à long terme par le mode d'accouchement. Une explication possible est que le microbiome cutané en développement interagit avec le système immunitaire, qui peut être éduqué par l'exposition à des microbes au cours d'une fenêtre critique et précoce de la vie ».

Colonisation microbienne cutanée et développement du système immunitaire s'effectueraient ainsi de manière synchrone.

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