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Le ZINC, un joker contre les infections virales respiratoires ?

Actualité publiée il y a 2 semaines 3 jours 10 heures
BMJ Open
Le zinc s’impose même comme une très bonne alternative à l'utilisation inappropriée des antibiotiques, qui continue d'être un problème majeur à l'échelle mondiale (Visuel Fotolia 118649963)

Cette nouvelle revue systématique et méta-analyse d'essais contrôlés randomisés menées à l’Université de Western Sydney, confirment que le zinc peut prévenir les symptômes et raccourcir la durée des infections virales aiguës des voies respiratoires, telles que le rhume et la grippe. Cependant, l'analyse, publiée dans le British Medical Journal (BMJ) Open  appelle à préciser cette efficacité en fonction des formes, modes d'administration et doses, selon les virus rencontrés. 

 

Les chercheurs ont effectué une revue de la littérature portant sur les effets d’une supplémentation en zinc en cas d'infections par le rhinovirus, l'adénovirus, le virus parainfluenza et le virus de la grippe. « Deux choses que les gens veulent savoir quand ils attrapent un rhume, c'est combien de temps cela va-t-il durer et à quel point vais-je tomber malade ? ». La méta-analyse confirme que le zinc réduit probablement la durée de la maladie et identifie plusieurs indices suggérant que le zinc a le potentiel de réduire la sévérité des infections respiratoires aiguës, en particulier au moment du « pic » de la maladie, c’est-à-dire entre les 2è et 4è jours.

 

« Le zinc s’impose même comme une très bonne alternative à l'utilisation inappropriée des antibiotiques, qui continue d'être un problème majeur à l'échelle mondiale », écrivent les chercheurs.

Le zinc, un réducteur de sévérité des infections respiratoires, et contre le COVID ?

Si l’analyse ne répond pas précisément sur les avantages possibles du zinc contre le risque de forme sévère de COVID-19 -parce qu’aucun essai sélectionné ne portait alors spécifiquement sur le SARS-CoV-2-, les chercheurs qui ont rapproché les résultats de leur méta-analyse de ceux de recherches préliminaires sur le SRAS-CoV-2, suggèrent « qu’il est plausible que le zinc puisse être efficace contre le coronavirus lorsqu'il est utilisé seul ». ainsi, le zinc pourrait soutenir le concept d’une « immuno-nutrition », efficace contre COVID-19.

 

Une bonne efficacité prophylactique : lorsque le zinc est utilisé à des fins de prévention, le risque de contracter des symptômes du rhume est réduit de 28 % et le risque de contracter une maladie « pseudo-grippale » est réduit de 68 %. Cependant, dans les essais où les participants sont délibérément infectés par le rhinovirus humain, les effets protecteurs du zinc apparaissent insignifiants (soit une réduction de 4% du risque de forme sévère) ;

 

Une efficacité thérapeutique modeste, sur les symptômes : lorsque le zinc est utilisé comme traitement, il permet de raccourcir la durée des symptômes d'environ 2 jours et de réduire la gravité des symptômes au jour 3 autour du pic de la maladie, mais la réduction de la sévérité globale des symptômes reste modeste.

 

Un risque légèrement accru d'événements indésirables : ce risque d’effets indésirables est donc confirmé, notamment de nausées ou d’irritation de la bouche et du nez mais il reste extrêmement faible et léger.

 

Ainsi, cette méta-analyse confirme globalement les bénéfices du zinc dans la prévention et le traitement des infections respiratoires « dans le monde réel », et pas seulement chez les groupes de population carencés : « les 2 grands essais chinois révèlent que le zinc à très faible dose et délivré en spray nasal réduit le risque de maladie clinique ». Cependant, "alors que chez les participants délibérément infectés par le rhinovirus humain, une cause fréquente d'infections des voies respiratoires supérieures, le zinc n’offre aucun effet protecteur significatif, il reste à comprendre pourquoi cet effet protecteur n’est pas observé en laboratoire".

Il reste donc des incertitudes liées à la variabilité des formulations et des doses de zinc, ainsi qu'aux  mécanismes d'action.

« Les cliniciens et les consommateurs doivent être conscients qu'une incertitude considérable demeure quant à l'efficacité clinique des différentes formulations, doses et voies d'administration du zinc ».

 

Mais, en dépit de ces incertitudes, l’un des auteurs principaux, le Dr Hunter précise que les produits à base de zinc sont largement disponibles, abordables et généralement sûrs pour une utilisation à court terme, que ce soit sous forme de pastilles ou de capsules…

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