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Les DROGUES PSYCHÉDÉLIQUES au secours de la dépression?

Actualité publiée il y a 4 années 7 mois 6 jours
Journal of Psychopharmacology

Certaines drogues psychédéliques pour réduire la détresse psychologique et les pensées suicidaires ? Ces chercheurs de l’Université Johns Hopkins y songent, sans pour autant recommander leur usage illicite! Cependant, il se trouve que les sujets à antécédents d'utilisation de certaines de ces substances, non-addictives, présentent bien un risque réduit de détresse psychologique et de pensées suicidaires, et que ces drogues pourraient être utiles –à condition de revoir leur statut-dans le traitement de la dépression. Le point dans le Journal of Psychopharmacology.


La recherche qui se poursuit à l'Université Johns Hopkins examine le potentiel thérapeutique de l'un des composé psychédéliques, la psilocybine, lorsqu'il est administré sous surveillance médicale. Car, globalement, si certaines personnes ont des réactions indésirables graves à ces composés, ces effets restent moins nombreux que les résultats positifs.

C'est ce que démontre cette analyse des données de plus de 190.000 adultes américains participant à la cohorte National Survey on Drug Use and Health (2008-2012) : l'utilisation sur la durée de vie de certaines drogues psychédéliques s'avère associée à un risque réduit

· de 19% de détresse psychologique au cours du mois précédent,

· de 14% de pensées suicidaires au cours de l'année précédente,

· de 29% de projets de suicide au cours de l'année précédente,

· de 36% de tentative de suicide au cours de l'année précédente.

Précisément, sur 191.382 répondants,

· 27.235 ont déclaré avoir pris une ou plusieurs de ces drogues psychédéliques, au cours de leur vie et principalement la psilocybine et le LSD.

Cette utilisation au cours de la vie était principalement concentrée sur

- le groupe d'âge 26- 64 ans,

- plus fréquente chez les hommes;

- plus fréquente chez les Blancs non hispaniques et les Amérindiens;

- plus fréquente avec un niveau d'études et de revenus élevé

- plus fréquemment associés à d'autres comportements à risque et à la consommation d'autres substances.

· 12.657 répondants ont signalé une détresse psychologique au cours du mois précédent, 10.445 des pensées suicidaires au cours de l'année précédente, 3.157 des projets de suicide, et 1.716 des tentatives de suicide.

L'analyse confirme que l'utilisation au cours de la vie de ces substances est associée à une diminution de l'ensemble de ces symptômes ou manifestations de la dépression.

Des candidats thérapeutiques de la dépression ? Des résultats qui suggèrent que certaines drogues psychédéliques non-addictives, -mais illégales- sont des candidats thérapeutiques de la dépression. Les auteurs, dont le Dr Matthew W. Johnson, professeur de psychiatrie et de sciences comportementales à l'Université Johns Hopkins et auteur principal de l'étude, considèrent donc que le statut juridique de ces composés psychédéliques devrait être reconsidéré, au moins pour faciliter les études scientifiques : Ces drogues « pourraient être des traitements médicaux révolutionnaires laissés pour compte durant ces 30 dernières années, ils méritent d'être évalués attentivement, prudemment mais de manière approfondie ».

Enfin, s'il s'agit bien ici d'une association, compte-tenu des facteurs de confusion pris en compte, ces résultats suggèrent néanmoins un bénéfice des drogues psychédéliques non-addictives qualifié par les auteurs d' «avantages psychologiques possibles ».

Source: Journal of Psychopharmacology March 5, 2015 doi: 10.1177/0269881114565653 Classic psychedelic use is associated with reduced psychological distress and suicidality in the United States adult population

Lire aussi : LSD et drogues psychédéliques: Pas de risque pour la santé mentale? –

Dépendance à l'ALCOOL: Une dose de LSD pour dégriser? -

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