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OBÉSITÉ: Graisse blanche, graisse brune, le froid et la vitamine A

Actualité publiée il y a 1 année 4 semaines 1 jour
Molecular Metabolism
La vitamine A participe ainsi à la combustion des graisses (Visuel Adobe Stock 265815775)

C’est l’une des principales pistes étudiées pour lutter contre l’obésité, celle qui consisterait à induire la transformation de la « mauvaise » graisse, blanche, en tissu adipeux brun, un type de graisse qui brûle pour fournir de l’énergie. On savait que le froid peut contribuer à cette transformation bénéfique, cette étude d’une équipe de l’Université de médecine de Vienne, révèle aujourd’hui, dans la revue Molecular Metabolism, le rôle clé de la vitamine A : la vitamine A stimule en effet la combustion des graisses par temps froid.

 

La conversion du tissu adipeux blanc en tissu adipeux brun, une cible prometteuse pour le traitement de l'obésité, est favorisée par le froid et la pratique de l’exercice. Sous l’effet de ces facteurs, de petits groupes de cellules graisseuses brunes dans notre corps commencent à brûler de l'énergie. Cette étude récente dirigée par Florian Kiefer de la division d'endocrinologie et métabolisme de la MedUni de Vienne montre que les températures froides augmentent également les niveaux de vitamine A chez souris et les humains.

La vitamine A participe ainsi à la combustion des graisses

Chez l'homme et les mammifères, au moins 2 types de graisse peuvent être discernés, le tissu adipeux blanc et le tissu adipeux brun. Au cours du développement de l'obésité, les calories en excès sont principalement stockées dans la graisse blanche. En revanche, la graisse brune brûle de l'énergie et génère de la chaleur. Plus de 90% des dépôts de graisse corporelle chez l'homme sont blancs, généralement situés au niveau de l'abdomen et en haut des cuisses. La conversion de la graisse blanche en graisse brune pourrait être une nouvelle option thérapeutique pour lutter contre la prise de poids et l'obésité.

 

L’équipe montre qu'une application modérée de froid augmente les niveaux de vitamine A et de son transporteur sanguin, la protéine de liaison au rétinol, chez l'homme et la souris. La plupart des réserves de vitamine A sont stockées dans le foie et une exposition au froid semble stimuler la redistribution de la vitamine A vers le tissu adipeux. L'augmentation de la vitamine A induite par le froid favorise ainsi la conversion de la graisse blanche en graisse brune («brunissement»), avec un taux plus élevé de combustion des graisses.

  • Lorsque l’équipe bloque la protéine de liaison au rétinol de la vitamine A chez la souris, l’augmentation de la vitamine A provoquée par le froid et le «brunissement» de la graisse blanche s’en trouvent atténués, l’oxydation des graisses et la production de chaleur sont perturbées et les souris ne peuvent plus se protéger du froid ;
  • en revanche, l'ajout de vitamine A aux cellules graisseuses blanches humaines favorise l'expression des caractéristiques des cellules graisseuses brunes, avec une activité métabolique et une consommation d'énergie accrues.

 

La vitamine A aide donc à convertir la «mauvaise » graisse blanche en un «bon» tissu adipeux brun qui stimule la combustion des graisses et la production de chaleur. Cette transformation des graisses qui s'accompagne généralement d'une consommation d'énergie accrue et est donc considérée comme une approche prometteuse pour le développement de nouvelles thérapies contre l'obésité.

 

Ce rôle clé de la vitamine A dans la fonction du tissu adipeux et le métabolisme énergétique inspire déjà de nouvelles interventions thérapeutiques qui exploitent ce mécanisme spécifique.

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