Vous recherchez une actualité
Actualités

OBESITÉ: Sait-on bien ce qui « marche » en Santé publique?

Actualité publiée il y a 4 années 3 mois 3 semaines
Obesity Reviews

Des restrictions de soda et de boissons sucrées dans les écoles aux pistes cyclables, quelles sont les interventions efficaces en santé publique pour lutter contre l'obésité? Cette étude de l’Université Drexel nous propose un bilan avant –après de différentes expériences basé soit sur la dépense de calories ou les niveaux d'activité physique. Cette photographie, présentée dans la revue Obesity Reviews révèle des résultats contrastés.

Il s'agissait de comparer de manière scientifique l'impact des différents changements d'environnement de vie opérés pour endiguer l'épidémie d'obésité au niveau communautaire. Amy Auchincloss, professeur agrégé à l'École de santé publique de l'Université Drexel et auteur principal de l'étude a mené avec son équipe un examen systématique de ces expériences à partir des données publiées de 2005 à 2013, soit, au total, 1.175 résumés et 115 documents et, finalement 37 études sélectionnées.


Ce travail titanesque identifie certains types d'interventions qui semblent plus efficaces que d'autres car aboutissant, en fin de compte à une amélioration plus significative des résultats liés à l'obésité ainsi que d'autres interventions prometteuses mais qui méritent plus de recherches. 18 études ont évalué les impacts d'interventions sur la nutrition / régime, 17 sur l'activité physique et 3 sur l'indice de masse corporelle (IMC).

· Sur la politique nutritionnelle :

Les interventions à fort impact, ayant contribué significativement à améliorer la qualité nutritionnelle des aliments, sont :

- l'interdiction ou la réduction des acides gras trans dans la chaine alimentaire,

- la réduction de l'accès aux aliments et aux boissons sucrés,

- la réduction de l'accès aux aliments riches en graisses.

- La modification des règles d'achat et de paiement d'aliments achetés au moyen de bons alimentaires pour les foyers à faible revenu.

En revanche un impact minime ou inexistant est constaté pour

- les obligations (pour les fabricants ou les restaurants) d'affichage des informations nutritionnelles

- le renforcement de l'accès à des aliments plus variés grâce à l'implantation de supermarchés dans des zones mal desservies.

· Sur la pratique de l'activité physique :

Ce qui marche, c'est,

- Le développement des infrastructures de transport actif (voies cyclables, pédestres, vélib, pédibus…)

L'impact doit encore être démontré, en revanche, pour,

- La création et l'aménagement de parcs ou de voies pédestres.

Sur la recherche et la validation des différentes interventions, les chercheurs regrettent que de nombreuses études ne soient pas basées sur des critères primaires mesurables comme la perte de poids par exemple ou le nombre de calories dépensées.

La principale conclusion de ce travail est donc un appel aux politiques à l'évaluation de leurs interventions environnementales en santé publique. Des interventions qui modifient un environnement de vie local, donc un groupe de population dont il est possible d'évaluer avant et après les mesures de poids corporel et d'IMC.

Source: Obesity Reviews 5 MAR 2015 DOI: 10.1111/obr.12269 Impact of policy and built environment changes on obesity-related outcomes: a systematic review of naturally occurring experiments

Lire aussi: ACTIVITÉ PHYSIQUE: Et si tous les enfants allaient à pied à l'école?

OBÉSITÉ: La densité des fast food est obésogène

OBÉSITÉ infantile: Rien ne sert d'interdire la junk food dans les écoles

OBÉSITÉ: Dire non aux boissons sucrées dans les écoles reste peu efficace -

Accéder à nos dossiers- Pour y accéder, vous devez être inscrit et vous identifier

Obésité de l'enfant (1/6)
Troubles du comportement alimentaire

Autres actualités sur le même thème