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OPIOÏDES : Un patient sur 3 connaît des interactions médicamenteuses

Actualité publiée il y a 1 mois 1 semaine 1 jour
The Journal of the American Osteopathic Association
Un nombre croissant de preuves suggère que les opioïdes sont impliqués dans de nombreuses interactions médicamenteuses ignorées la plupart du temps en pratique clinique.

Cette étude d’une équipe de Biophilia Partners, une entreprise de conseil dans les sciences de la vie, identifie un frein, somme toute fréquent à l’efficacité des opioïdes, des interactions médicamenteuses non détectées avec d’autres médicaments. Ces interactions qui peuvent réduire l’effet analgésique des opioïdes engagent certains patients à prendre des doses plus élevées de l’opioïde prescrit ce qui favorise, au fil du temps, une dépendance au médicament. L’étude, présentée dans le Journal of The American Osteopathic Association, sensibilise aux mesures simples permettant d'éviter ces interactions, l'augmentation des doses et dans de nombreux cas le développement de la dépendance.

 

L'utilisation d'opioïdes pour la gestion de la douleur chronique est extrêmement courante en dépit de bénéfices modestes, par rapport aux analgésiques non opioïdes. La consommation d'opioïdes est également associée, aujourd’hui, à des risques sévères dont l’overdose et le décès. Un nombre croissant de preuves suggère que les opioïdes sont impliqués dans de nombreuses interactions médicamenteuses ignorées la plupart du temps en pratique clinique. Comprendre les interactions médicamenteuses liées aux opioïdes est donc primordial, pour tous les professionnels de santé qui soignent des patients souffrant de douleur chronique.

30% des patients « sous » opioïdes connaissent des interactions médicamenteuses défavorables

Ce type de complications est rarement détecté, écrivent les auteurs dans leur communiqué mais contribue pourtant à une mauvaise utilisation, au trouble de la consommation, à la dépendance et à l’overdose. L’implication de ce constat est simple : les patients doivent informer leur médecin et les autres professionnels de santé sur l'utilisation d'autres médicaments pour contrer ce risque d'interactions médicamenteuses indésirables et de dépendance.

 

Quelques interactions fréquentes : les auteurs décrivent les mécanismes de ces interactions médicamenteuses impliquant les opioïdes et leurs conséquences possibles, y compris en Santé publique. Les principales situations d’interactions relevées impliquent certaines classes d'antidépresseurs et d'antipsychotiques, ainsi que certains médicaments cardiovasculaires utilisés pour traiter l'arythmie et l'hypertension artérielle.

 

Des stratégies pratiques existent pour aider les professionnels de santé à éviter voire limiter ce risque d’interactions médicamenteuses liées aux opioïdes, et de maintenir un rapport bénéfice / risque favorable. Ces stratégies comprennent notamment :

  • le recours à l’ostéopathie pour gérer la douleur chronique,
  • le respect d’un intervalle, dans le temps, entre l’administration des opioïdes et des autres médicaments,
  • le changement d’opioïdes (ou le recours à des analgésiques non-opioïdes), en cas d'interaction avérée,
  • le renforcement du partenariat prescripteur-pharmacien et du dialogue patient pharmacien en cas de prescription de ces médicaments.
  • En cas d’inefficacité du traitement opioïde, le patient doit consulter mais ne jamais modifier par lui-même la posologie ou la fréquence du traitement.

 

« Le souci que nous avons est que les patients ne bénéficient pas, avec leur traitement, du bon niveau de soulagement de la douleur en raison d’interactions non détectées avec d’autres médicaments », explique Kevin Bain, pharmacien et directeur médical de Biophilia Partners. « Du coup les patients prennent des prendre des doses plus élevées ce qui peut favoriser au fil du temps à un trouble lié à l'usage de substances jusqu’à l’overdose ». Les médecins devraient prendre en compte des antécédents médicaux complets et contacter le pharmacien lors de la prescription d’opioïdes et en cas d’inquiétudes. Enfin, les patients devraient « se protéger » eux-mêmes en apportant les informations pertinentes de manière proactive à leur médecin et à leur pharmacien.

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