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PRESSION ARTÉRIELLE : Et si l’usage du mobile la faisait monter ?

Actualité publiée il y a 1 année 2 mois 1 semaine
European Heart Journal - Digital Health
Au-delà de 30 minutes ou plus de dialogue au téléphone par semaine, le risque d'hypertension artérielle augmente de 12 % par rapport à moins de 30 minutes (Visuel Adobe Stock 351135926)

L’usage du téléphone mobile lié à un risque accru d'hypertension artérielle (HTA) ? C’est bien ce que soutient cette équipe de la Southern Medical University de Guangzhou (Chine). Au-delà de 30 minutes ou plus de dialogue au téléphone par semaine, le risque d'hypertension artérielle augmente de 12 % par rapport à moins de 30 minutes, selon ces données, publiées dans l’European Heart Journal - Digital Health, une revue de la Société européenne de cardiologie.

 

« C'est le temps passé à parler sur mobile qui compte pour la santé cardiaque, avec un risque dose-dépendant », précise l'auteur principal, le professeur Xianhui Qin de l’Université de Guangzhou : « En dépit d’années d'utilisation -avec ou sans dispositif mains libres- cette association avec le risque d’hypertension artérielle n’avait jamais été précisée. Cependant, d'autres études sont nécessaires pour confirmer ces résultats ».

Les trois quarts de la population mondiale âgée de 10 ans et plus possèdent un téléphone mobile

Les auteurs relèvent, parallèlement, que près de 1,3 milliard d'adultes âgés de 30 à 79 ans dans le monde souffrent d'hypertension. Or, l’HTA est un facteur de risque majeur de crise cardiaque et d'accident vasculaire cérébral (AVC) et l’une des principales causes de décès prématuré dans le monde. Les téléphones portables émettent de faibles niveaux d'énergie radiofréquence, ce qui a cependant été associé à une augmentation de la pression artérielle, même après une exposition à court terme. Cependant, les études précédentes sur le sujet ont abouti à des résultats mitigés, peut-être suggèrent les chercheurs, parce qu’elles ne faisaient pas suffisamment la distinction entre les différents usages.

 

L’étude a précisément examiné la relation entre passer et recevoir des appels téléphoniques et l'HTA d'apparition récente, à travers l’analyse des données de 212.046 participants âgés de 37 à 73 ans de la UK Biobank, exempts d’hypertension à l’inclusion. L'âge moyen des participants était de 54 ans, 62 % étaient des femmes et 88 % étaient des utilisateurs de téléphones portables. Les informations sur l'utilisation du mobile pour passer et recevoir des appels ont été recueillies au départ par questionnaire ainsi que les années d'utilisation, le nombre d’heures par semaine et l'utilisation éventuelle d'un kit mains libres. Les participants qui utilisaient un téléphone mobile au moins une fois par semaine pour passer ou recevoir des appels ont été définis comme des « utilisateurs actifs ». Les chercheurs ont analysé la relation entre l'utilisation du portable et l'hypertension d'apparition récente après ajustement avec les facteurs de confusion possibles, dont l'âge, le sexe, l'indice de masse corporelle (IMC), l’ethnie, la privation, les antécédents familiaux d'hypertension, l'éducation, le statut tabagique, la tension artérielle, les lipides sanguins, l'inflammation, la glycémie, la fonction rénale et l'utilisation de médicaments pour abaisser le taux de cholestérol ou de glycémie. Au cours d'un suivi médian de 12 ans,

 

  • 7 % des participants ont développé une HTA ;
  • les utilisateurs actifs présentent un risque d'HTA 7% plus élevé que les non-utilisateurs ;
  • ceux qui utilisent leur mobile pour parler pendant 30 minutes ou plus par semaine présentent un risque accru de 12 % de développement d’une HTA vs les participants qui passent moins de 30 minutes au téléphone ;
  • ces niveaux de risques sont identiques pour les femmes et les hommes.
  • par rapport aux participants qui passent moins de 5 minutes par semaine à passer ou à recevoir des appels sur leur mobile, un temps d'utilisation hebdomadaire de 30 à 59 minutes, 1 à 3 heures, 4 à 6 heures et de plus de 6 heures est respectivement associé à un risque d’HTA de 8 %, 13 %, 16 % et 25 % ;
  • parmi les utilisateurs actifs, les années d'utilisation et l'utilisation d'un dispositif mains libres n’apparaissent pas significativement liées au développement de l’HTA, suggérant que c’est principalement l’usage actuel « qui compte » ;
  • enfin, le risque d’HTA est plus élevé chez les personnes à haut risque génétique qui passent au moins 30 minutes par semaine à parler sur leur mobile : ces participants, plus susceptibles de développer une HTA, encourent alors un risque d’HTA accru de 33 % par rapport à leurs pairs, à faible risque génétique et qui passent moins de 30 minutes par semaine au téléphone.

 

Parler sur un mobile peut ne pas affecter le risque de développer une hypertension artérielle tant que le temps d'appel hebdomadaire reste inférieur à une demi-heure.

 

Des recherches supplémentaires restent cependant nécessaires pour reproduire les résultats « spectaculaires », mais dans l’attente ces chercheurs recommandent la prudence, c’est-à-dire réduire au minimum les appels téléphoniques mobiles pour préserver la santé cardiaque.


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