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RESTRICTION CALORIQUE et baisse de température corporelle, une « cool connexion »

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 2 jours
Science Signaling
La restriction calorique apporte une foule d'avantages pour la santé allant d'une durée de vie plus longue à une réduction considérable du risque de cancer, de maladie cardiaque, de diabète et de maladies neurodégénératives telles que la maladie d'Alzheimer (Visuel AdobeStock_335775375).

Cette étude passionnante du Scripps Institute (La Jolla) révèle comment une température corporelle réduite joue un rôle clé dans l'initiation des bienfaits pour la santé des régimes hypocaloriques. L’étude, présentée dans la revue Science Signaling montre que si réduire son apport calorique de manière significative n'est pas une tâche facile pour la plupart d’entre nous, la restriction calorique apporte une foule d'avantages pour la santé allant d'une durée de vie plus longue à une réduction considérable du risque de cancer, de maladie cardiaque, de diabète et de maladies neurodégénératives telles que la maladie d'Alzheimer. Et une bonne partie de ces avantages « passe » par une réduction globale de la température corporelle.

 

Les auteurs, les Dr Bruno Conti et Gary Siuzdak du Scripps étudient depuis des années comment et pourquoi la restriction calorique mène à une meilleure santé, dans le but ultime de traduire leurs résultats en médicaments capables d’imiter les processus naturels induits par la restriction calorique. Ils mettent ici pour la première fois en lumière le rôle essentiel de la température corporelle dans la réalisation de ces avantages pour la santé, induits par l'alimentation. Sur la base de cette découverte, ils proposent le développement d'un composé pharmacologique capable d’imiter les effets précieux d'une température corporelle réduite.

La baisse de la température corporelle, un facteur bénéfique indépendant ?

Il a déjà été observé que lorsque les mammifères consomment moins de nourriture, leur température corporelle baisse. C’est un avantage évolutif qui nous aide à conserver de l'énergie jusqu'à ce que des aliments soient à nouveau disponibles. Cela a du sens, étant donné que jusqu'à la moitié de ce que nous mangeons chaque jour est transformé en énergie simplement pour maintenir notre température corporelle. De précédentes recherches de la même équipe ont montré que la réduction de la température peut augmenter la durée de vie indépendamment de la restriction calorique et que ces effets impliquent l'activation de certains processus cellulaires, dont la plupart restent à identifier. D’autres études ont montré que le fait d'empêcher la température corporelle de chuter peut contrecarrer les effets positifs de la restriction calorique.

 

Les métabolites détiennent la réponse à la question des facteurs en jeu : qu’est-ce qui motive les changements bénéfiques de la restriction calorique, est-ce la réduction calorique en soi, ou la baisse de température corporelle ou une combinaison des deux ? Ici, l’équipe montre à travers une expérience chez la souris que les métabolites de souris hypocaloriques logées à température ambiante (22°) vs un autre groupe logé à 30° C ont un profil bien différent. En identifiant ces métabolites dans la circulation sanguine et dans le cerveau les chercheurs ont pu distinguer les métabolites modifiés par la réduction des nutriments ou par la réduction de la température corporelle.

« Les données montrent que la température a un effet égal ou supérieur à celui de la restriction calorique sur le métabolisme ».

Le premier profil complet des métabolites modifiés par la réduction de la température est également présenté par cette étude. En pratique, cela signifie que les scientifiques ont été capables de hiérarchiser les métabolites les plus responsables du déclenchement des changements de la température corporelle centrale.

 

Vers des mimétiques de la température ? Dans une autre expérience, ils montrent également qu'il est possible d'administrer certains métabolites comme médicament permettant de modifier la température corporelle. Il faudra des recherches supplémentaires pour valider les changements induits par la température pendant la restriction calorique mais ces travaux laissent espérer de nouvelles cibles pour les futurs médicaments aux effets bénéfiques pour la santé

 

-sans avoir à faire baisser la température corporelle bien sûr.

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