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SCIENCE: Le hibou tourne la tête à 270 degrés, mais comment?

Actualité publiée il y a 7 années 2 semaines 4 jours
Science

Ces scientifiques du Johns Hopkins se sont attaqués à une question « mystère ». Comment fait le hibou pour tourner presque complètement la tête sans "se rompre" le cou et couper sa circulation sanguine ? Cette recherche, publiée dans l’édition du 1er février de la revue Science explique aussi pourquoi les humains sont si vulnérables en cas de blessure au cou.

Ces experts en imagerie neurologique ont étudié la chasse nocturne chez les hiboux pour comprendre comment cette rotation quasi-complète de la tête, à 270 degrés dans les deux sens n'endommageait pas les fragiles vaisseaux sanguins du cou et ne coupait pas l'approvisionnement en sang au cerveau.


L'équipe du Johns Hopkins a étudié l'anatomie d'une douzaine d'oiseaux et a identifié 4 grandes adaptations biologiques destinées à prévenir les blessures liées aux rotations de la tête. Ces adaptations se situent dans la structure osseuse et le réseau vasculaire. Jusqu'à présent, expliquent les auteurs, les spécialistes de l'imagerie cérébrale étaient perplexes sur les raisons pour lesquelles ces mouvements de torsion rapides n'avaient pas fait des milliers de morts chez les oiseaux. Le Dr Philippe Gailloud, auteur principal et neuroradiologue explique que les artères carotides et vertébrales dans le cou de la plupart des animaux dont les hiboux et … les humains sont très fragiles et très sensibles et peuvent facilement présenter de petites déchirures sur l'enveloppe des vaisseaux. Ces petites lésions, chez l'Homme, peuvent se rompre et entraîner la formation de caillots responsables d'embolie ou d'AVC.

Une structure vertébrale et un réseau sanguin spécifiques : En étudiant la structure osseuse et le système vasculaire de la tête et du cou des oiseaux par imagerie radiographique, puis par dissection, et en injectant un colorant dans les artères, les chercheurs constatent que les vaisseaux sanguins à la base de la tête, juste sous la mâchoire, se gonflent sans se rompre. Ce qui contraste fortement avec la capacité anatomique de l'homme. Ces réservoirs de sang contractiles vont agir comme un stock tampon, ce qui permet au sang de continuer à répondre aux besoins énergétiques de leurs cerveaux alors qu'ils tournent leurs têtes. Une des artères principales alimentant le cerveau passe à travers des cavités dans les vertèbres environ 10 fois plus grandes en diamètre que l'artère vertébrale. La structure vertébrale est ainsi spécialement adaptée pour permettre la circulation artérielle. Un réseau de soutien vasculaire, avec ses nombreuses interconnexions et des adaptations, permet également de minimiser toute interruption dans le flux sanguin.

Cette étude approfondie résout un mystère neuro-vasculaire et explique pourquoi, à la différence du hibou, l'homme est si vulnérable, dont aux blessures possibles de l'ostéopathie.

Source: Science DOI: 10.1126/science.339.6119.514 1 February 2013 Adaptations of the Owl's Cervical & Cephalic Arteries in Relation to Extreme Neck Rotation (Visuel © susan flashman - Fotolia.com)

Lire aussi : OSTÉOPATHIE: Manipulation cervicale, le risque d'AVC -

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