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SOLITUDE du PATIENT ÂGÉ : Quelques mesures pour mieux l'endiguer

Actualité publiée il y a 4 mois 3 semaines 5 jours
CMAJ
La solitude, un état émotionnel plutôt qu'un trouble mental, peut nuire considérablement à la santé des personnes âgées et réduire leur accès aux services de soins de santé.

La solitude, un état émotionnel plutôt qu'un trouble mental, peut nuire considérablement à la santé des personnes âgées et réduire leur accès aux services de soins de santé. Cet article, présenté dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) résume les repères essentiels qui peuvent guider les médecins dans leur compréhension et leur évaluation des effets de la solitude chez leurs patients plus âgés.

 

Une étude comparait les effets de la solitude à ceux du tabagisme et estimait l'effet moyen d'une interaction humaine renforcée à une augmentation de 50% de chances de « survie ». Une large et récente méta-analyse a dépeint l'isolement social et la solitude comme la prochaine grande menace en santé publique, au même titre que l'obésité. Rien de très surprenant, le lien social étant tout simplement un besoin humain fondamental. Le risque de mortalité prématuré, associé à l’isolement social, chez les plus âgés devient une préoccupation croissante en Santé publique, avec le vieillissement des populations. Les dernières données de recensement montrent que plus d'un quart de la population vit seule, plus de la moitié de la population n'est pas mariée, autant de facteurs d’aggravation de la solitude.

 

Ici, les experts canadiens livrent quelques points essentiels qui peuvent sensibiliser les médecins à la détection de la solitude chez le patient âgé et à son orientation vers les structures et les programmes de soutien social qui vont permettre à la personne âgée de rompre cet isolement, retrouver du lien social et maintenir aussi son accès avec les services de santé. Parmi ces points essentiels qui doivent alerter les soignants, les aidants et les médecins :

  • l’état émotionnel d'isolement perçu lors des consultations ;
  • l’association démontrée chez les personnes âgées entre solitude et déclin rapide de la santé ;
  • un effet nocif sur la santé comparable à d'autres facteurs de risque de décès, mieux documentés, dont l'obésité et le tabagisme ;
  • un facteur prédictif significatif de l'utilisation des soins de santé, lorsque le patient peut encore y accéder ;
  • la nécessité, pour atténuer ces effets d’une « prescription sociale » pour reconnecter ces patients âgés seuls avec les soutiens communautaires et des programmes sociaux existants.

 

« Notre système de santé et la société reconnaissent de plus en plus que la solitude est un grave problème de santé publique, mais les médecins restent mal préparés à évaluer et à gérer correctement les patients isolés », écrit le Dr Nathan Stall, chercheur à l'Université de Toronto et au Women's College Research et gériatre à l’hôpital Mount Sinai de Toronto.

 

 La priorité doit être donnée aux ressources qui permettront de développer les structures permettant de mieux faire face à cette menace de Santé publique.

 

Les professionnels de santé sont ici appelés à inclure « la connexion sociale » dans le dépistage médical, le public et les aidants bien sûr, à mieux se préparer à aborder socialement et financièrement le grand âge, les organisations communautaires à renforcer les espaces partagés et les interventions qui favorisent les liens sociaux chez les patients âgés.

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