Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

TABAC : Les preuves génétiques qu’il nous fait vieillir plus vite

Actualité publiée il y a 8 mois 2 semaines 1 jour
ERS
Cette étude apporte les premières preuves génétiques que « fumer peut nous faire vieillir plus rapidement » (Visuel Fotolia 70371631)

Cette équipe de généticiens de l'Université de Hangzhou (Chine) et de l’Université de Hong Kong nous apporte les premières preuves génétiques que « fumer peut nous faire vieillir plus rapidement ». Ces travaux, présentés lors du Congrès international 2023 de l’European Respiratory Society (ERS) décryptent ainsi comment le tabagisme – et en fonction de la quantité de cigarettes fumées- raccourcit les télomères des chromosomes des leucocytes.

 

L’étude est menée auprès de 500.000 personnes constate que ces télomères, les « fragments terminaux des chromosomes » des globules blancs de notre système immunitaire constituent un excellent indicateur, non seulement de la capacité de nos cellules à se réparer et à se régénérer mais aussi de la rapidité avec laquelle nous vieillissons.  

 

L’auteur principal, le Dr Siyu Dai, professeur de médecine à l'Université de Hangzhou commente ces résultats : « le fait de fumer et selon la quantité de cigarettes fumées, peut entraîner un raccourcissement de la longueur des télomères des leucocytes, donc accélérer le processus de vieillissement ».

La bonne nouvelle c’est qu’arrêter de fumer diminue considérablement le risque associé.

Les chercheurs rappellent que les télomères sont comme les capuchons des chromosomes qui les empêchent de raccourcir, chaque fois qu'une cellule se divise. Ces séquences d’ADN répétitives qui protègent les extrémités des chromosomes. La longueur des télomères dans les globules blancs leucocytes a déjà été associée au tabagisme, mais jusqu'à présent, peu de recherches avaient été menées sur la corrélation entre le tabagisme et le raccourcissement des télomères.

 

L'étude : l’équipe chinoise analyse ici les précieuses données de la biobank britannique. Les chercheurs ont notamment regardé, par randomisation mendélienne et en prenant bien en compte les facteurs de confusion possibles, si un fumeur actuel, un ancien fumeur ou une personne qui n'avait jamais fumé, présentaient des différences de longueur des télomères. La méthode utilise les variations de gènes (appelés polymorphismes mono-nucléotidiques ou SNP) hérités de nos parents, pour déduire comment l'exposition à un facteur environnemental modifiable (comme le tabagisme) est causalement liée à une maladie ou à un problème de santé. L’analyse des données de 472 174 participants à la et de 113 SNP relatifs au statut de fumeur (15 SNP pour les fumeurs actuels, 78 SNP pour les personnes n'ayant jamais fumé et 20 SNP pour les personnes ayant déjà fumé) révèle que :

 

  • le tabagisme actuel est associé de manière statistiquement significative à une longueur de télomère leucocytaire plus courte ;
  • le tabagisme passé ou l’absence de tabagisme ne sont pas associés à un raccourcissement des télomères leucocytaires ;
  • les fumeurs actuels ont tendance à présenter des télomères plus courts, ceux fumant le plus grand nombre de cigarettes significativement plus courts.

 

En résumé,

fumer peut provoquer un raccourcissement de la longueur des télomères des leucocytes,

et plus on fume de cigarettes, plus l’effet de raccourcissement est fort.

Ces données s’ajoutent aux conclusions de récentes études ayant bien établi un lien entre la longueur raccourcie des télomères des leucocytes et de nombreuses maladies, telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète et la perte musculaire. Cela signifie que l’effet du tabagisme sur la longueur des télomères joue probablement un rôle crucial dans ces maladies, même si des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents.

Plus sur le Blog Addictions

Autres actualités sur le même thème