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VACCINATION HPV : Nouvelles preuves d’efficacité, notamment chez les femmes plus défavorisées

Actualité publiée il y a 1 mois 5 jours 9 heures
BMJ
Cette réduction de l’incidence de ces cancers observée dans tous les groupes socio-économiques incite de plus à élargir les programmes de vaccination contre le HPV (Visuel Adobe Stock 230079059)

Cette nouvelle étude rappelle l’efficacité élevée et durable de la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), ici en Angleterre, en révélant des taux associés considérablement réduits de cancer du col de l’utérus. Cette réduction de l’incidence de ces cancers observée dans tous les groupes socio-économiques incite de plus à élargir les programmes de vaccination contre le HPV. De nouvelles données présentées dans le British Medical Journal qui sensibilisent plus largement à l’importance de l’égalité d’accès aux soins de santé.

 

Car ce sont bien les femmes des communautés les plus défavorisées qui encourent, toujours, un risque plus élevé de maladie du col de l’utérus que les femmes des zones moins défavorisées, cependant la recherche montre aussi que des interventions de santé publique bien planifiées et bien exécutées peuvent réellement améliorer les résultats et réduire les inégalités de santé.

 

Ce principe est particulièrement critique en ce qui concerne le HPV, car c’est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus courantes. Aujourd’hui de nombreux pays proposent désormais la vaccination systématique des filles et des garçons âgés de 12 à 13 ans afin de les protéger contre les souches susceptibles de provoquer un cancer plus tard dans la vie. C’est le cas notamment en France, où la vaccination contre les HPV est recommandée depuis 2007 chez les filles de 11 à 14 ans, et préconisée chez les garçons depuis janvier 2021. Cependant, en France toujours, et en dépit de ces lignes directrices, la couverture vaccinale reste très insuffisante.

 

L’étude montre qu’en Angleterre, où le programme de vaccination contre le HPV a débuté en 2008, avec une vaccination de rattrapage pour les 14-18 ans à partir de 2008-10, les taux de cancer du col de l’utérus sont restés plus élevés dans les groupes les plus défavorisés. Ici, les chercheurs de la Queen Mary University of London et des NHS ont analysé les données d’incidence du cancer chez les femmes vaccinées et non vaccinées âgées de 20 à 64 ans r entre janvier 2006 et juin 2020. Un indice « de privation » (index of multiple deprivation) a été utilisé pour pouvoir évaluer l’efficacité du programme de vaccination en fonction du niveau socio-économique.

 

  • Entre janvier 2006 et juin 2020, 29.968 diagnostics de cancer du col de l’utérus et 335.228 diagnostics de lésions précancéreuses du col de l’utérus de grade 3 (CIN3) ont été posés chez des femmes anglaises âgées de 20 à 64 ans ;
  • chez les femmes vaccinées à l'âge de 12-13 ans, les taux de cancer du col de l'utérus et de CIN3 au cours de l'année supplémentaire de suivi sont respectivement réduits de 84 % et 94 % vs ceux du groupe plus âgé non vacciné ;
  • à la mi-2020, la vaccination contre le HPV a permis, selon l’analyse, de prévenir 687 cancers et 23.192 CIN3 ;
  • les incidences les plus élevées de cancers et de CIN3 perdurent chez les femmes les plus défavorisées, cependant,
  • le programme de vaccination apparaît efficace, quel que soit le niveau de privation ;

  • ainsi, le plus grand nombre de cas de cancer du col de l’utérus a bien été évité chez les femmes des communautés les plus défavorisées ;
  • idem pour les CIN3 ;
  • les femmes ayant bénéficié d’une vaccination de rattrapage entre 14 et 18 ans, bénéficient également d’une baisse d’incidence des CIN3 et ce bénéfice est plus élevé, à nouveau, chez les groupes de participantes les moins défavorisées.

 

S’il s’agit d’une étude d’observation qui ne démontre pas la relation de cause à effet, elle est mené sur un échantillon à l’échelle d’une population et ses résultats sont en ligne avec ceux de précédents essais contrôlés randomisés. L’étude apporte donc, à nouveau, et à l’échelle de tout un pays, des preuves de l’importance de la vaccination HPV pour prévenir ce cancer chez la Femme.

 

Reste à atteindre l’objectif de couverture de 90 % recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mais de telles données peuvent informer, sensibiliser, éduquer et finalement favoriser au fil du temps un tel objectif.

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