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VACCINS: Un léger malaise chez les médecins

Actualité publiée il y a 4 années 2 semaines 20 heures
Inserm et EBio Medicine

Cette étude, menée sur le terrain français, par une équipe de l’Inserm, nous apporte une photographie de la perception des vaccins chez les médecins généralistes, pivots clés de l’application des recommandations de vaccination. Les conclusions, présentées dans la revue EBio Medicine, révèlent surtout un déficit d’information des professionnels en matière de sécurité comme d’efficacité.

Il apparaît inutile de développer les progrès considérables, en Santé publique, permis par les vaccins et la vaccination, largement reconnue comme l'une des interventions sanitaires les plus efficaces et les plus efficientes. 2 à 3 millions de décès par an, c'est ce qu' »elle » permet d'éviter chaque année dans le monde, sans oublier ses bénéfices collectifs, bien sûr. « Le vacciné est généralement bien protégé, mais il est aussi non‐contagieux : ainsi, il ne participe pas au développement d'une épidémie ».


L'étude a évalué les attitudes et les comportements de 1.712 médecins français pour 6 situations de vaccins pour lesquels la couverture en France reste insuffisante. L'analyse révèle une grande variabilité dans l'application des recommandations vaccinales qui suggère l'existence d'hésitations chez les médecins généralistes. Certes le contexte français actuel est à la défiance vis-à-vis des vaccins, comme l'illustre la récente pétition anti-vaccins, lancée par un Professeur de médecine. Cependant, l'analyse montre que le phénomène est loin d'être limité à quelques professionnels. Elle révèle l'existence fréquente de doutes à l'égard des risques d'effets secondaires graves de certains vaccins, même lorsque ces doutes sont infirmés par les autorités sanitaires. Au point que 16% à 43% des médecins généralistes n'ont parfois ou jamais recommandé au moins un vaccin spécifique, sur lequel ils ont des incertitudes, à leurs patients.

Un médecin qui doute ne recommande pas : Un doute fortement préjudiciable pour la collectivité, alors que le médecin généraliste joue un rôle majeur de prévention, d'information, de prescription et d'administration du vaccin. Plus encore, l'analyse révèle que ce sont ces médecins mêmes, les plus hésitants qui sont les moins enclins à apporter des recommandations vaccinales régulières à l'égard de leurs patients. En cause une absence ou une insuffisance de données d'efficacité et de sécurité, car lorsque les médecins « se sentent à l'aise » pour expliquer les bénéfices et les risques du vaccin, alors, ils les recommandent. C'est quand ils considèrent qu'il y a un risque significatif d'effets indésirables ou qu'ils doutent de son efficacité, qu'il y a déficit de recommandation vaccinale (OR : 0,71 et 0,21 respectivement).

Bref, maintenir voire rehausser nos couvertures vaccinales insuffisantes passe certainement par des initiatives d'information professionnelle permettant de combler ce déficit de données d'efficacité et de sécurité chez les médecins généralistes.

Sources: EBio Medicine 2015, 10.1016/j.ebiom.2015.06.018 Vaccine Hesitancy Among General Practitioners and Its Determinants During Controversies: A National Cross-sectional Survey in France

Communiqué Inserm Vaccins : pratiques et hésitations des médecins généralistes français

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