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BISPHÉNOL A: Nouveau rapport, nouveau projet d'interdiction

Actualité publiée il y a 6 années 7 mois 1 semaine
Anses et Ministre de l'Ecologie

Alors que L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) publie ce jour son rapport sur l'évaluation des risques liés au bisphénol A (BPA) et confirme les effets néfastes du BPA particulièrement pour l'enfant à naître de femmes enceintes exposées, le Ministre de l'Écologie envisage déjà de nouvelles mesures pour mieux prévenir les risques. L'Anses vient d’être chargée à nouveau de préparer un projet de décision à soumettre à l'Union européenne visant à interdire le bisphénol A dans les tickets thermiques.

Rappelons que la France a déjà proposé à l'Europe, en septembre 2012 de procéder au classement de cette substance en « toxique pour la reproduction présumé » (Cat. 1B) et que l'interdiction, par la loi de décembre 2012 du bisphénol A dans tous les conditionnements directement en contact avec les denrées alimentaires sera effective à partir du 1er janvier 2015. Car alors que la principale voie d'exposition est alimentaire, le BPA est toujours présent dans de très nombreux matériaux ou emballages alimentaires. Depuis début 2013, il est interdit dans les contenants destinés à des enfants de moins de trois ans.


Pour ce nouveau rapport de l'Anses des analyses spécifiques du BPA ont été effectuées dans les aliments, les eaux de boisson, dans l'air et les poussières de logements et sur des tickets thermiques. L'analyse des articles scientifiques concernant les effets du BPA publiés avant juillet 2012 a permis également d'identifier, sur la base des données expérimentales animales, des effets critiques jugés pertinents pour l'enfant à naître des femmes enceintes exposées. Ainsi, les conclusions identifient, en l'état actuel des connaissances, des situations à risque pour l'enfant à naître liées à une exposition au BPA pendant la grossesse (en particulier, sensibilité de la glande mammaire à la transformation tumorale).

L'exposition alimentaire est jugée prépondérante, cependant l'Anses identifie également d'autres situations à risque spécifiques associées à la manipulation de papiers thermiques et à la consommation d'eaux conditionnées dans des bonbonnes en polycarbonate.

L'exposition via la manipulation de papiers thermiques est à prendre en compte : D'autres risques –de niveau considéré comme limité- sont suggérés pour l'enfant, via la manipulation de papiers thermiques, concernant le cerveau et le comportement, le métabolisme et l'obésité ou encore l'appareil reproducteur féminin. L'Anses recommande donc de réduire les expositions via des matériaux en contact des aliments (boîtes de conserve notamment), d'évaluer l'impact des mesures réglementaires déjà prises sur l'exposition au BPA (décret de décembre 2012) et dès à présent, de prendre des mesures en vue de réduire l'exposition des femmes manipulant des papiers thermiques contenant du BPA ou d'autres composés de la famille des bisphénols, notamment en milieu de travail. Enfin l'Agence recommande à nouveau le lancement de nouvelles études sur la toxicité du BPA, ses mécanismes d'action et tout particulièrement sur les effets du BPA en lien avec une exposition post-natale et pendant la petite enfance.

Alors que les premières mesures ont été prises pour protéger l'enfant d'une exposition post-natale, par voie alimentaire, Delphine BATHO, le Ministre de l'Écologie a donc estimé nécessaire de prévenir les risques liés à l'exposition cutanée au bisphénol A via les tickets thermiques et a chargé l'Anses de préparer un projet d'interdiction à soumettre à l'Union européenne. Les industriels doivent donc s'attaquer à la question de la substitution, alors que par ailleurs, les données de sécurité manquent encore sur les matériaux de substitution, précise l'Anses. Enfin, le Ministère a chargé l'Anses d'élargir son examen à plusieurs autres perturbateurs endocriniens suspectés.

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