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CANCER et JEÛNE INTERMITTENT : Planifier ses repas différemment pour prévenir le cancer du sein

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 4 semaines
Nature Communications
C’est un facteur circadien efficace contre le cancer du sein : le moment où l’on s’alimente semble en effet exercer un impact significatif sur le risque de cancer (Visuel Fotolia 158365130)

C’est un facteur circadien efficace contre le cancer du sein : le moment où l’on s’alimente semble en effet exercer un impact significatif sur le risque de cancer et, le cas échéant la progression tumorale : cette étude de l’Université de Californie San Diego montre, chez la souris que, non pas ce qu’elle mange, mais la plage de temps durant laquelle elle mange, a une incidence significative sur ce risque. Précisément, le jeûne intermittent aligné sur les rythmes circadiens permet d’améliorer considérablement les niveaux d'insuline et de réduire la croissance tumorale, conclut cette étude publiée dans la revue Nature Communication.

 

On pourrait définir le jeûne intermittent -ici une alimentation réduite à une fenêtre de 8 heures dans la journée- par opposition au grignotage, ou encore aux habitudes alimentaires occidentales basées sur 3 ou 4 repas par jour. De nombreuses études le plébiscitent aujourd’hui, pour la perte de poids, pour lutter contre l’obésité, contre le syndrome métabolique, contre la maladie cardiaque mais aussi pour optimiser la vitalité et la longévité. Cette étude montre chez l’animal qu’une plage d’alimentation réduite permet de réduire aussi le risque de cancer chez la souris.

Restreindre l'alimentation à une fenêtre de 8 heures

Cette restriction de l’alimentation à une fenêtre de 8 heures, correspondant à la période de la journée durant laquelle l'activité est la plus élevée, permet de réduire à la fois le risque de développement, de croissance et de métastase du cancer du sein chez les modèles murins de cancer du sein post-ménopausique lié à l'obésité.

Précisément, l’expérience est menée sur 3 groupes de souris, l’un ayant accès à la nourriture 24 heures sur 24, un deuxième pendant 8 heures la nuit lorsque les souris sont les plus actives et un troisième à un régime sans restriction à faible teneur en matières grasses. Les chercheurs ont également utilisé des souris femelles modèles des conditions hormonales post-ménopausiques. Car la ménopause, comme l’obésité, peut perturber les rythmes circadiens, ce qui peut conduire au développement d'une résistance à l'insuline, puis au développement de maladies chroniques comme le cancer. Les scientifiques constatent que :

  • des taux d'insuline élevés chez les souris obèses modèles de cancer du sein post-ménopausique entraînent une croissance tumorale accélérée ;
  • l'alimentation limitée dans le temps induit une amélioration de la santé métabolique, une baisse des niveaux d'insuline et une réduction du risque de développement, de croissance et de métastase du cancer ;
  • la réduction des niveaux d'insuline semble imiter l'effet de l'alimentation limitée dans le temps.

 

Aligner ses habitudes alimentaires sur les rythmes circadiens permet d’améliorer la santé métabolique mais aussi de prévenir le cancer du sein et probablement d’autres cancers liés à l’obésité : de précédentes recherches ont montré que l'obésité augmente le risque de différents cancers en exacerbant la réponse à l'insuline et en modifiant les rythmes circadiens, rappelle l'auteur principal le Dr Nicholas Webster, professeur à l'UC San Diego :

« Nous avons pu augmenter la sensibilité à l'insuline, réduire l'hyper-insulinémie, restaurer les rythmes circadiens et réduire la croissance tumorale en modifiant simplement quand et pendant combien de temps les souris avaient accès à la nourriture ».

 

En faveur d’une restriction sans sensation de faim : « Une alimentation limitée dans le temps a un effet positif sur la santé métabolique et ne déclenche pas la faim et l'irritabilité associées au jeûne à long terme ou à la restriction calorique. Cependant, ce type de jeûne intermittent entraine des effets métaboliques bénéfiques et constitue une stratégie peu coûteuse mais efficace à prévenir et inhiber le cancer du sein ».

 

Il s’agit maintenant d’explorer la capacité d'une alimentation limitée dans le temps à prévenir le cancer du sein chez les femmes, ou à prévenir le cancer en général. « L'augmentation du risque de cancer du sein est particulièrement élevée chez les femmes en surpoids et ménopausées. Les médecins conseillent souvent aux patientes des stratégies de perte de poids pour prévenir la croissance tumorale, nos données suggèrent que planifier ses repas différemment pourrait contribuer à prévenir le cancer du sein ».

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