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COVID-19 : Les taux de dépression ont triplé

Actualité publiée il y a 6 jours 17 heures 40 min
The Lancet Regional Health – Americas
Les taux de dépression ont triplé et les symptômes se sont intensifiés au cours de la pandémie (Visuel Fotolia)

Les taux de dépression ont triplé et les symptômes se sont intensifiés au cours de la pandémie conclut ce nouveau bilan de l'Université de Boston de l’épidémie de dépression consécutive au COVID-19, se faisant écho d'un tout récent bilan, au niveau mondial, publié dans le Lancet. Les personnes les plus touchées en santé mentale sont celles qui ont subi simultanément plusieurs facteurs de stress liés à COVID-19 et qui appartiennent donc aux classes socioéconomiques les plus défavorisées, souligne ici cette étude. Un état des lieux publié dans le Lancet Regional Health – Americas qui appelle, une nouvelle fois, à « s’attaquer de toute urgence aux facteurs de stress tels que la perte d'emploi, les difficultés d'accès aux services de garde et aux difficultés de règlement des loyers, pour les foyers les plus défavorisés ».

 

Le bilan concerne le continent américain, cependant ses résultats sont très probablement applicables à d’autres pays riches. Ainsi, aux Etats-Unis, la dépression chez les adultes américains a persisté – et s'est aggravée tout au long de la première année de la pandémie de COVID-19 :

  • 32,8% des adultes ont présenté des symptômes dépressifs élevés en 2021,
  • 27,8% des adultes dans les premiers mois de la pandémie en 2020,
  • vs 8,5% avant la pandémie.

Les inégalités se sont considérablement creusées

Les prédicteurs les plus significatifs des symptômes dépressifs pendant la pandémie sont les suivants :

  • le faible revenu du foyer ;
  • le fait d’être seul (statut marital) ;
  • l’exposition à certains facteurs de stress liés à la pandémie.

 

C’est l’une des premières études représentatives à examiner -aux Etats-Unis- l'évolution de la prévalence de la dépression avant et pendant la pandémie COVID, sur la base de l’échelle Patient Health Questionnaire-9 (PHQ 9), un test de dépression auto-administré reconnu. 5.065 participants à la cohorte National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) ainsi que des répondants à 2 autres enquêtes COVID-19 ont ainsi pu être évalués pour les symptômes dépressifs, avant et pendant la pandémie. Les données démographiques, de facteurs de stress tels que la perte d'emploi, le décès d'un être cher à cause du COVID, les problèmes financiers, le sentiment de solitude, ou encore les difficultés de garde d'enfants ou de règlement du loyer ont été prises en compte dans l’analyse. Celle-ci confirme, clairement, que :

 

  • le fardeau de la dépression s'est intensifié au cours de la pandémie et a touché de manière disproportionnée les adultes à faible revenu ;
  • après ajustement pour d'autres données notamment démographiques, en 2020, les personnes à plus faibles revenus sont 2,3 fois plus susceptibles de présenter des symptômes dépressifs vs les personnes à revenus élevés ;
  • au printemps 2021, les adultes à faible revenu sont plus de 7 fois plus susceptibles de ressentir ces symptômes.
  • les personnes exposées à 4 facteurs de stress ou plus sont plus susceptibles de présenter également des symptômes dépressifs élevés.

 

Un impact de la pandémie sur la santé mentale, à court et à plus long terme aussi : ainsi, le modèle de prévalence de la dépression associée à la pandémie COVID ne suit pas les schémas d'événements traumatisants précédents (comme l'ouragan Ike ou l'épidémie d'Ebola), explique l'auteur principal de l'étude, le Dr. Sandro Galea, professeur à la Boston University School of Medicine : « nous nous attendions à un pic avec le premier pic pandémique puis à une diminution avec le temps.

Cependant, 12 mois après le début de la pandémie, les niveaux de dépression restent élevés. »

Un fardeau de la pandémie sur la santé mentale continu et  inégal, c’est la conclusion d’un des auteurs principaux, Catherine Ettman, chercheur à la Brown University School of Public Health. L’auteur note que certaines aides économiques et la campagne de vaccination ont néanmoins permis « d’éviter le pire ».

 

En pratique, le message est l’urgence de s'attaquer aux facteurs de stress tels que la perte d'emploi, les difficultés d'accès aux services de garde d’enfants et les difficultés à payer son loyer ou les dépenses de base du foyer. « En d’autres termes, réduire des inégalités préexistantes mais qui se sont considérablement aggravées pendant la pandémie ».

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