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GROSSESSE et COVID-19 : La plus grande menace c’est le système immunitaire

Actualité publiée il y a 5 mois 4 semaines 1 jour
Med
Le placenta chez les femmes enceintes infectées présente, en général, un niveau d'activité immunitaire beaucoup plus élevé que chez des femmes enceintes non infectées (Visuel Adobe Stock 19728620).

C’est la réponse immunitaire qui tue, avait déjà conclu une équipe britannique dans la revue dans la revue Frontiers in Immunology, mettant en avant les effets collatéraux de la tempête de cytokines caractéristique des formes graves de la maladie. Cette nouvelle étude de l’Université de Yale conclut de manière similaire : pour les femmes enceintes qui développent le COVID-19, le risque est bien plus lié au système immunitaire qu’à l’infection elle-même. L’étude, publiée dans la revue Med, confirme que les femmes enceintes infectées par le virus SARS-CoV-2 sont plus susceptibles d’accoucher prématurément et d'avoir un risque accru de prééclampsie et d'autres problèmes néonatals, en raison d’une réponse immunitaire plus aiguë.

 

C’est la première étude à regarder comment le virus affecte le tissu placentaire des femmes enceintes COVID-positives. Et l’analyse révèle que si les preuves de présence virale dans le placenta sont rares, le placenta chez les femmes enceintes infectées présente, en général, un niveau d'activité immunitaire beaucoup plus élevé que chez des femmes enceintes non infectées.

Le placenta « monte » une défense immunitaire excessive

"La bonne nouvelle en effet", relève l’auteur principal, le Dr Shelli Farhadian, professeur de médecine interne et de neurologie à Yale « est que le placenta est en train de monter une défense solide contre une infection très éloignée, chez la mère dans les poumons ou les tissus nasaux. La mauvaise, c’est que le niveau élevé d'activité du système immunitaire peut entraîner des effets délétères sur la grossesse ».

 

L’analyse, à différents stades de la grossesse, de prélèvements sanguins et de tissus placentaires de 39 femmes enceintes infectées et exemptes de COVID, révèle que :

 

  • le virus n’est retrouvé que dans seulement 2 échantillons de tissu placentaire ;
  • la présence de récepteurs ACE2, utilisés par le virus SRAS-CoV-2 pour infecter les cellules est élevée dans les placentas de la plupart des participantes au cours du premier trimestre de la grossesse ;
  • ces récepteurs ont largement disparu chez les femmes en bonne santé aux stades ultérieurs de la grossesse ;
  • l’activité du système immunitaire telle que mesurée par différents marqueurs est significativement plus élevée dans le placenta des femmes enceintes avec COVID-19.

 

La surveillance des femmes enceintes infectées en début de grossesse est donc primordiale. Ces données suggèrent également de regarder si la réponse immunitaire placentaire serait également à des niveaux comparables, avec d’autres types d'infections chez la mère.

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