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HANDICAP et VIOLENCE: L'Académie de Médecine rompt le silence

Actualité publiée il y a 4 années 10 mois 1 jour
Académie de Médecine

Alors qu’en France, près de 700.000 personnes sont porteuses d'un handicap mental, que la plupart survivront à leurs parents, l’Académie de Médecine dénonce aujourd’hui par la voix d’un de ses membres, le professeur Marie-Odile Réthoré, directeur médical à l'Institut Jérôme Lejeune, le parcours épuisant, le manque de structures de soins adaptées et les maltraitances dont sont victimes les enfants handicapés mentaux. C’est donc un appel à l’adoption urgente de nouvelles mesures et d’une application plus stricte de la Loi par les établissements concernés qui est lancé. « Il faut briser la loi du silence ».


A domicile, la vie de tous les jours dans les familles ayant un enfant souffrant d'une déficience mentale, associée à des troubles importants du comportement, est souvent une épreuve pour tous les membres de la famille, y compris la personne handicapée. Toutes les démarches administratives sont complexes, lentes et dénotent une inertie des pouvoirs publics qui s'ajoute aux difficultés de la vie quotidienne.

La grande pénurie de structures adaptées oblige la plupart des parents à placer leurs enfants dans des institutions très éloignées du domicile familial et, donc, de leur vigilance. Dans ces centres spécialisés, le personnel manque cruellement de formation, et, surtout, rien n'a été préparé la plupart du temps avant l'entrée dans l'établissement.

La loi du silence : Les parents ignorent le plus souvent la réalité de certains abus, violences et maltraitances dont des milliers d'enfants seraient victimes chaque année.

Or, depuis mars 2007*, un plan de lutte oblige en principe les institutions, françaises et européennes, à mettre en place des mécanismes de prévention de la maltraitance. Mais, il s'avère qu'un tiers à peine des établissements se conforment à la loi et fournissent à leur Agence régionale de santé (ARS) une enquête externe faite par une structure objective.

L'Académie nationale de médecine demande en urgence :

· Une multiplication des « haltes temporaires » afin de permettre aux familles de disposer de moments de repos et ce, non seulement en cas de maladie de l'un des parents, mais aussi sans qu'il soit nécessaire d'engager de nouvelles démarches administratives ;

· la promotion du diplôme inter-universitaire déjà existant pour former les médecins à des consultations spécialisées dans l'accompagnement des parents et des personnes déficientes mentales tout au long de leur vie ;

· une formation adaptée et conçue dans une perspective pluridisciplinaire de tout le personnel travaillant dans les centres spécialisés ;

· une application plus stricte de la Loi par les établissements qu'ils soient publics ou privés.

*Décret N° 2007-293 du 5 mars 2007 réformant la protection de l'enfance.

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