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SEXUALITÉ des JEUNES: Au delà de la contraception gratuite et anonyme

Actualité publiée il y a 7 années 7 mois 1 jour
Rapport Nisand

91 % des jeunes Françaises, âgées de 15 à 24 ans, sexuellement actives, déclarent employer une méthode contraceptive, pourtant deux tiers des grossesses non prévues ont lieu sous contraception. Résultat, en 2009, 12.000 avortements ont été pratiqués sur les mineures, contre 8.766 en 1990. Israël Nisand, gynécologue et chef du département de gynécologie obstétrique au CHU de Strasbourg, dans son rapport remis le 16 février à la secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse fait 17 propositions dont la gratuité de la contraception pour les mineures. 17 propositions qui veulent prendre en compte aussi la place de la sexualité dans notre société et l'évolution des pratiques sexuelles chez les jeunes.

Ce rapport, remis par Israël Nisand avec Brigitte Letombe, gynécologue et présidente d'honneur de la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale et Sophie Marinopoulos, psychologue fait suite au rapport de Bérengère Poletti en novembre dernier et au constat du Centre d'Analyse stratégique sur les jeunes et la contraception, de juin 2011.


Car, le paradoxe français, c'est que l'usage important de la contraception n'a pas permis de diminuer le recours à l'IVG (plus de 213 000 en 2007) qui continue à augmenter chez les plus jeunes. Les IVG chez les mineures marquent une augmentation constante : 8.766 en 1990 à 10 153 en 2001, jusqu'à plus de 13 400 en 2007. Le taux d'IVG dépasse ainsi 15,6 ‰ pour les 15-19 ans et 27 ‰ pour les femmes de 20 à 24 ans et près d'une IVG sur deux concerne une jeune femme de moins de 25 ans.

Le paradoxe français, c'est, cette situation où la contraception d'urgence (dite pilule du lendemain) est gratuite et anonyme, mais pas la contraception régulière, a déploré Jeannette Bougrab, en faveur de la principale mesure proposée.

Le paradoxe français, c'est aussi …que les politiques d'information, d'éducation et de prévention, d'accès à la contraception n'ont peut-être pas su suivre l'évolution des pratiques sexuelles chez les jeunes. Le rapport du Centre d'Analyse stratégique de juin 2011 décrit bien un âge de l'initiation sexuelle en forte diminution, en particulier chez les jeunes femmes, une augmentation du nombre de partenaires, la plus faible probabilité que le premier partenaire sexuel soit le premier conjoint, l'âge retardé de la première maternité. On peut ainsi parler d'une période de “jeunesse sexuelle” durant laquelle la contraception est indispensable.

La jeunesse sexuelle, une période critique pour la gestion de la contraception : 3 mois de couple pour les jeunes, c'est une période critique car, en général, on abandonne le préservatif pour passer à la pilule (78,9 % chez les 15-19 ans, 83,4 % des 20-24 ans) jusqu'à la naissance des premiers enfants. Les études montrent que ces périodes de changement de contraception sont des périodes à haut risque de grossesses non désirées. Ce sont aussi des périodes d'entrée dans l'intimité, or, la question de l'anonymat se pose obligatoirement avec le système de remboursement qui, pour les mineurs, passe par les droits de leurs parents.

Enfin, c'est aussi une période critique pour en parler, alors que l'accès des mineures à une information de qualité se dégrade. La sexualité des jeunes filles se trouve aujourd'hui coincée entre la promotion de la liberté des pratiques sexuelles voir la pornographie ou de nouvelles pratiques comme le sexting et le maintien d'une conception traditionnelle de la relation de couple, avec des interdits moraux. Si l'éducation sexuelle à l'école devait pallier partiellement à cette difficulté des jeunes à l'information et à une image apaisée de la sexualité, dans la réalité des faits, les 3 séances par an au collège et au lycée ont des difficultés à s'organiser. Les Centres de planification et d'éducation familiale (CPEF) qui peuvent informer, proposer des consultations médicales et délivrer de gratuitement une contraception aux mineurs ne sont pas toujours connus ni accessibles. Tout comme les Centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) ou encore les Centres d'information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (CIDDIST).

Au-delà de la contraception gratuite et anonyme, c'est donc tout un environnement à construire en développant une information pour les jeunes sur l'ensemble de la sexualité et des modes de contraception. Le rapport propose ainsi des mesures d'accompagnement, telles que la constitution de ressources humaines pour l'information à la sexualité en milieu scolaire, la taxation des contenus internet pornographiques, la réorientation des campagnes médiatiques vers les parents et la formation à la vie affective, émotionnelle, sentimentale chez les enfants en maternelle et primaire.

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