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PERTE de DENTS et perte de mémoire, une certaine association

Actualité publiée il y a 6 années 2 mois 3 semaines
European Journal of Oral Sciences

Avec le vieillissement, nous avons tendance à perdre les deux, des dents et la mémoire. Mais avec l’âge, on perd aussi quantité d’autres attributs, comme ses cheveux par exemple. Alors, au-delà du lien temporel, existe-t-il une relation causale entre la perte des dents et le déclin de la mémoire ? C’est ce que curieusement suggère cette petite étude suédoise, menée sur des patients âgés. Les conclusions, publiées dans l’édition de juin de l’European Journal of Oral Sciences suggèrent en effet une corrélation entre le nombre de dents naturelles et la performance aux tests cognitifs.


De récentes études ont en effet confirmé un lien entre la santé buccodentaire et la mémoire chez les personnes âgées, sans pour autant montrer de relation.

Cependant cette étude transversale sur 273 personnes âgées de 55 à 80 ans constate que le nombre de dents naturelles est significativement associé à la performance cognitive, même après prise en compte des facteurs de confusion possibles (niveau d'éducation, état de santé général, mode et niveau de vie, stress…). Les participants ont passé une évaluation bucco-dentaire complète ainsi que plusieurs tests, de mémoire épisodique, sémantique, de travail et visuo-spatiale.

· En moyenne, les participants avaient environ 22 dents naturelles sur 32.

· Sans surprise, l'âge et l'éducation étaient significativement associés à la performance aux tests cognitifs et les personnes âgées avaient significativement moins de dents que les participants plus jeunes.

· Le nombre de dents naturelles s'avère bien associé à une meilleure mémoire épisodique, sémantique et visuo-spatiale.

· Le nombre de dents naturelles compte pour 3 à 4% de la variabilité dans les résultats des tests après ajustement avec les autres facteurs dans le modèle vs 11 à 52% pour les facteurs démographiques (âge, études, sexe, profession et les conditions de vie).

· Aucune autre association significative n'est constatée entre le nombre de dents naturelles et les autres mesures cognitives.

Pour les chercheurs, la présence (et donc le nombre) de dents naturelles aurait bien un impact sur la fonction cognitive qu'ils expliquent par l'entrée sensorielle -plus ou moins réduite- via les nerfs qui relient les dents aux tissus environnants et qui envoient des signaux au cerveau lors de la mastication. Ainsi, la perte de dents naturelles pourrait entraîner une dégénérescence des récepteurs sensoriels dans la bouche. Mais l'explication reste à confirmer, tout comme la signification et l'application clinique de ces résultats.

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