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PSYCHO: Négocier, un compromis entre intérêt et équité

Actualité publiée il y a 7 années 11 mois 2 semaines
Scientific Reports

Même en ayant très soif, nous sommes capables de refuser de l'eau, si nous avons le sentiment que l'offre qui nous est faite n’est pas équitable, selon cette étude soutenue par le Wellcome Trust. Une étude qui tente de comprendre comment nous-autres, humains nous négocions et prenons nos décisions en tentant de concilier équité et intérêt personnel. Cette expérience originale, publiée dans les Scientific Reports, montre que l’intérêt prend néanmoins parfois le pas sur l’équité.

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Nous voulons gagner de l'argent mais avons tendance à rejeter les offres déloyales, préférant rester sans rien, plutôt que d'accepter une offre inéquitable parce que favorisant beaucoup plus l'autre partie. En revanche, nos proches cousins, les chimpanzés, s'ils « négocient » pour de la nourriture accepteront presque toujours l'offre, indépendamment de toute notion subjective d'équité.


La notion d'équité intervient-elle en cas de nécessité biologique? Les chercheurs en neuro-imagerie du Centre Wellcome Trust ont voulu tester ce concept dans le cas d'une nécessité ou d'un besoin physiologique, tels que la nourriture, l'eau ou le sexe. Dans cette situation, l'Homme va-t-il s'attarder au sentiment d'équité ?

L'équipe a recruté 21 participants en bonne santé, 11 d'entre eux soif ont reçu en perfusion une une solution salée pour augmenter la soif, les autres, une solution isotonique ayant un effet beaucoup plus faible sur leur niveau de soif. Les chercheurs ont mesuré la concentration de sel dans le sang de chaque participant afin d'obtenir une mesure objective de leurs besoins en eau. Ils ont également recueilli la perception subjective des participants sur leur soif, en utilisant une échelle de notation simple.

Les participants ont ensuite participé, séparément à une expérience originale. On leur a raconté que 2 d'entre eux avaient été choisis au hasard pour décider du partage d'une bouteille de 500ml d'eau qui pourrait être consommée immédiatement. L'un d'eux devrait décider de la façon dont l'eau devait être partagée. L'autre pourrait soit accepter l'offre et consommer l'eau proposée, soit rejeter l'offre et, dans ce cas, personne n'aurait à boire. Les participants devaient attendre une heure après la fin du jeu pour avoir accès à l'eau. Dans la réalité, l'ensemble des participants étaient mis dans la situation d'accepter ou de refuser l'offre de partage. Chaque participant se voyait proposer 2 verres d'eau, un verre d'eau pour lui-même avec un tout petit peu d'eau (62.5ml), et un autre verre d'eau, pour l'autre, 7 fois mieux rempli. Ils avaient 15 secondes pour accepter ou rejeter cette offre a priori inéquitable.

Contrairement aux chimpanzés, les participants ont tendance à rejeter cette offre inéquitable, même s'ils ont soif réellement et objectivement, néanmoins ils se montrent un peu plus susceptibles de l'accepter, s'ils ressentent la soif de manière subjective.

Le besoin subjectif peut parfois être plus fort que l'équité : Ces résultats montrent que les humains, contrairement aux chimpanzés sont bien capables de refuser une offre même en situation de besoin physiologique si cette offre ne leur paraît pas équitable, mais l'intérêt peut parfois être plus fort que l'équité lorsqu'il est ressenti de manière subjective. Bref, si le sentiment d'équité participe bien de manière spécifique à la décision humaine, il a tout de même ses limites face à la conviction de l'intérêt.

Source: Scientific Reports doi:10.1038/srep00593 Published 23 August 2012 Human responses to unfairness with primary rewards and their biological limits

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