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BISPHÉNOL A: Responsable de nouvelles malformations de l'embryon

Actualité publiée il y a 11 années 3 mois 2 semaines
CNRS, INRA, BMC Developmental Biology

L'action inattendue du bisphénol A sur l'oreille interne de certains vertébrés vient alourdir le dossier à charge du Bisphénol A, reconnu aujourd’hui colmme un perturbateur endocrinien avec effets sur la reproduction et le développement et interdit, depuis le 1er mars en Europe, dans la production des biberons. Selon cette étude du CNRS*, le BPA serait responsable d’anomalies sur l'oreille interne d'embryons de certains vertébrés. Des conclusions publiées dans la revue BMC Developmental Biology.

Certes, cette étude a été menée sur le poisson zèbre et le xénope, mais il faut savoir que ces modèles, couramment utilisés en laboratoire, sont des vertébrés, faciles à élever, à développement embryonnaire rapide et dont les organismes sont assez proches de l'homme et de la souris. Rappel : Le bisphénol A (BPA) est un composé chimique de synthèse largement utilisé dans la fabrication industrielle des récipients en plastique de type polycarbonates, dont certaines bouteilles plastiques ou encore certains biberons. On le retrouve également dans les résines époxy constituant les revêtements intérieurs des boîtes de conserve, les canettes de boissons ou les amalgames dentaires. Cette molécule s'avère capable de modifier les équilibres hormonaux des vertébrés, en se liant aux récepteurs des œstrogènes, les hormones sexuelles féminines, et en inhibant leur action dans l'organisme. Il est classé reprotoxique de catégorie 3.


Les chercheurs se sont ici intéressés à l'effet du BPA sur le développement embryonnaire en exposant des œufs de poissons zèbre à des concentrations de plus en plus importantes de BPA (de 1 mg/L à 20 mg/L).

(voir visuel) se sont formés et d'autres anomalies de l'oreille interne, moins fréquentes, ont également été relevées. En renouvelant leur expérience sur un autre amphibien, le xénope, les chercheurs constatent le développement d'anomalies sur l'oreille interne, suggérant que cet effet pourrait exister chez d'autres vertébrés.

Cet effet s'avère totalement indépendant des récepteurs des oestrogènes et persistant lorsque les chercheurs bloquent les récepteurs des oestrogènes.

Cette étude démontre qu'il conviendrait désormais d'étudier de manière plus approfondie les effets de ce composé chimique sur le développement embryonnaire des animaux, mammifères compris et ajoute aux effets reprotoxiques du bisphénol A, à des doses assez élevées, un effet sur le développement embryonnaire.

Rappelons que les Etats européens ne peuvent plus produire de biberons à base de bisphénol A depuis le 1er mars 2011. Les évaluations de risque ont conduit à définir une dose journalière tolérable (DJT) de 50 µg de BPA par kg de poids corporel et par jour, soit 2,5 mg par jour pour un individu de 50 kg et l'Agence européenne EFSA, dans son avis de septembre dernier, n'a pas souhaité reconsidérer la dose journalière tolérable (DJT) existante.

* CNRS/ENS de Lyon/Université Lyon 1, en collaboration avec des chercheurs de l'Inserm, du Muséum national d'Histoire naturelle et de l'INRA