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OSTÉOPATHIE: Manipulation cervicale, le risque d'AVC

Actualité publiée il y a 6 années 11 mois 2 semaines
British Medical Journal

« La manipulation cervicale fait-elle plus de mal que de bien? » Le débat se poursuit sur les risques de manipulation vertébrale avec ce « pour » et « contre », à travers 2 articles publiés dans l’édition en ligne du 7 juin, du British Medical Journal qui remettent en question la manipulation vertébrale -et non l’ostéopathie-, dans la prise en charge des douleurs cervicales. Au centre du débat, un tout petit risque, très rare, mais très grave d'accident vasculaire cérébral qui résulte d’un saignement à la base du cerveau. Ce risque est estimé d’1 à 1,7/100.000 personnes-années.

La manipulation vertébrale est un traitement relativement commun pour la cervicalgie, appliqué à 6 à 12% des patients qui souffrent de douleur au cou. C'est une manœuvre rapide et de faible amplitude de torsion ou de rotation de la colonne vertébrale. Elle est souvent accompagnée d'un "clic" sonore. Ici, en substance, les auteurs expliquent pourquoi certains d'entre eux ont abandonné la manipulation vertébrale pour le traitement de la douleur au cou, d'autres la reconnaissent toujours comme efficace et comme un soin complémentaire précieux pour les patients. Chacun apporte ses arguments et il ne s'agit pas d'une étude systématique mais de prises de positions. Enfin, sur l'AVC vertébro-basilaire les auteurs précisent que c'est un événement rare. 2 études publiées ont montré une association entre ce type d'accident vasculaire cérébral et la manipulation du cou. Toutefois, la relation causale entre la manipulation et l'AVC reste en suspens.


L'article en faveur de la manipulation vertébrale pour la cervicalgie a été rédigé par le professeur David Cassidy de l'Université de Toronto et des collègues des États-Unis et du Danemark. L'article contre, a été rédigé par le professeur Benedict Wand de l'Université de Notre-Dame, en Australie, et ses collègues de l'Australie et du Royaume-Uni.

Pour : Le Pr Cassidy indique que la manipulation du rachis cervical (vertèbres du cou) ne devrait pas être abandonnée et rappelle qu'une récente étude internationale a approuvé la manipulation vertébrale comme une option thérapeutique de "première ligne" pour la prise en charge de la douleur au cou. Si les auteurs soulignent qu'il n'y a pas de bénéfice clair en termes de qualité de vie, en comparaison d'autres thérapies physiques, d'exercices du cou ou des analgésiques ou encore de l'acupuncture et vs placebo, ils concluent à l'existence de preuves scientifiques claires sur les bénéfices de la manipulation pour les patients souffrant de douleurs au cou, en particulier pour les douleurs aigües au cou et bien plus que les anti-inflammatoires et le paracétamol. Les auteurs recommandent d'associer ces manipulations à d'autres exercices comme des exercices de yoga comprenant l'extension ou la rotation du cou, le fait de lever les yeux ou …de se faire faire un shampoing dans un salon de coiffure. En conclusion, les experts « Pour » concluent que la preuve scientifique reste en faveur de la manipulation comme une option de traitement pour les douleurs au cou.

Contre : Le Pr Wand et ses collègues, s'ils reconnaissent la manipulation du rachis cervical comme une option de traitement pour la douleur du cou, invoquent le risque de provoquer un saignement de l'artère vertébrale, qui peut entraîner l'AVC vertébrobasilaire. Les artères vertébrales alimentent le tronc cérébral et le cervelet à la base du cerveau. Un AVC dans cette partie du cerveau entraîne un risque élevé de décès ou d'invalidité grave, dont la paralysie et des problèmes d'élocution, de déglutition et de vision. Si ces saignements sont extrêmement rares, avec une incidence estimée de 1 à 1,7/100.000 personnes-années, les auteurs rappellent les études de cas ayant suggéré des complications neurovasculaires après manipulation du rachis cervical. Et même si certains cas d'AVC vertébro-basilaires ont été attribués par erreur à la manipulation, cela n'exclut le risque, ni celui suggéré lorsque le patient en question a déjà au départ des facteurs prédisposant à l'AVC.

En revanche, ils précisent bien que, compte-tenu du risque, même minime, la manipulation du cou devrait être utilisée que dans un objectif clair, en non dans un objectif de prévention ou « de conservation », par exemple, et seulement après avoir envisagé les autres traitements. Ce qui n'est pas toujours le cas, concluent-ils.

Sources: BMJ. Published online June 7 2012 2012;344:e3680 Should we abandon cervical spine manipulation for mechanical neck pain? No. 2012;344:e3679 Should we abandon cervical spine manipulation for mechanical neck pain? Yes. (Visuels NHS)

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