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PSYCHO: La testostérone, hormone de l'ego

Actualité publiée il y a 6 années 10 mois 2 semaines
Proceedings of the Royal Society B

La testostérone nous pousse à surévaluer notre propre point de vue au détriment de celui des autres ou du compromis, elle favoriser la confrontation ou le conflit mais nous permet aussi de ne pas trop tenir compte de l’opinion des autres, ce qui, dans certaines situations est une protection utile. Bref, ses niveaux sont un facteur important du comportement social. Alors que l’hormone ocytocine était déjà connue pour favoriser la coopération, cette recherche du Centre Wellcome Trust pour la neuro-imagerie de l’University College London montre l’effet inverse de la testostérone. Des conclusions publiées dans les Proceedings of the Royal Society B.

Les conditions d'une intelligence collective : Si la résolution de problèmes en groupe présente des avantages indiscutables sur les décisions individuelles, elle suppose que nous soyons capables de partager nos informations et de discuter. Pourtant, dans de nombreux cas, la tension entre individus du groupe empêche cette coopération. Elle suppose aussi qu'aucun individu ne soit suffisamment dominateur pour entraîner la pensée du groupe vers son seul point de vue. Jusqu'ici, les tentatives pour comprendre les mécanismes biologiques derrière cette intelligence collective, se sont centrées sur les facteurs qui favorisent cette coopération et ont montré que l'hormone ocytocine peut favoriser cette collaboration sociale.


Cette étude-là montre que la testostérone a l'effet inverse et rend moins coopératif et plus égocentrique. Le Dr Nick Wright et ses collègues du Centre Wellcome Trust ont réalisé une série de tests sur 34 femmes volontaires appariées qui auparavant, ne s'étaient jamais rencontrées. Le test s'est déroulé sur deux jours, espacés d'une semaine. Sur l'un des jours, les 2 bénévoles de chaque paire ont reçu un supplément de testostérone, sur l'autre jour, un placebo. Pendant l'expérience, les deux femmes étaient assises dans la même pièce avec chacune leur propre écran, présentant, das un premier temps 2 images, dont une comportait une cible très contrastée. Les 2 participantes devaient choisir l'image en question, de manière individuelle et se mettre d'accord en cas de désaccord. Evidemment, la coopération permet de faire mieux que la décision individuelle, mais les chercheurs constatent aussi qu'avec la prise de testostérone, ce bénéfice de la collaboration est nettement réduit. En pratique, la testostérone pousse les participantes à se comporter de manière égocentrique et à décider en fonction de leur propre sélection sans écouter leur partenaire.

La testostérone est donc impliquée dans toute une variété de comportements sociaux. Chez les chimpanzés, des niveaux élevés de testostérone vont favoriser la confrontation ou le combat. Les chercheurs concluent que la testostérone augmente la motivation de dominer les autres et favorise l'égocentrisme.

La testostérone peut aussi « avoir du bon » ! «Notre comportement semble être animé par nos hormones. Nous savons déjà que l'ocytocine peut nous rendre plus coopératif, nous venons de démontrer que la testostérone affecte également nos décisions, en nous rendant plus égoïste. La plupart du temps, cela nous permet de rechercher la meilleure solution à un problème, mais parfois, la testostérone peut nous aider à oublier les opinions des autres ». Ce qui parfois peut être utile !

Dans le même sens, une étude publiée dans les PNAS en février dernier avait montré qu'un niveau élevé de testostérone réduit la propension à l'empathie, mais qu'un niveau élevé de testostérone avant la naissance conditionne notre empathie future.

Source: Proc. R. Soc. B published online before print February 1, 2012, doi:10.1098/rspb.2011.2523 “Testosterone disrupts human collaboration by increasing egocentric choices

Lire aussi: TESTOSTÉRONE : L'empathie, une simple question d'hormones ? -

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