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PSYCHOLOGIE des conflits: C'est toujours l'arme qui fait l'homme

Actualité publiée il y a 8 années 3 mois 3 semaines
PLoS ONE

Lorsqu’il brandit une arme, un homme paraît plus grand et plus fort qu’il n’est, en réalité. C’est la conclusion de ces anthropologues de l’UCLA qui ont interrogé des centaines d'Américains sur la taille et la musculature de 4 hommes à partir de photographies de leurs mains tenant une série d'objets facilement reconnaissables, dont des armes... Cette recherche, commanditée par l’US Air Force pour mieux comprendre les processus de prise de décision en situation de conflit violent, publiée dans l’édition du 11 avril de la revue PLoS ONE, montre qu’aujourd’hui, en raison d'un mécanisme psychique quasi-animal, c’est toujours l’arme qui fait l’homme.

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Cette étude qui porte sur les processus de décision d'entrée en conflit et sur le calcul de la probabilité de gagner un conflit et donc d'y entrer, est basée sur le recueil de données biologiques et culturelles du comportement humain. Ces chercheurs de l'UCLA ont donc recruté 628 participants, invités à examiner 4 photos différentes de mains, chacune tenant un objet unique: Un pistolet de rebouchage, une perceuse électrique, une scie et une arme de poing. D'autres outils « témoins » ont également été testés pour éviter tout biais. Les participants ont dû estimer la taille des personnes à qui appartenaient les mains présentées sur les photos. Les participants ont également visionné 6 images d'hommes de plus en plus grands et musclés pour les aider à se rapprocher le plus de la taille et de la force probables des modèles.


Les mains qui tiennent l'arme de poing sont attribuées au modèle le plus grand et le plus musclé. En moyenne, les participants ont estimé leur propriétaire de 17% plus grand et plus fort que les détenteurs des autres objets. Viennent donc dans l'ordre, l'arme de poing, la perceuse, la scie et le pistolet de rebouchage.

Lorsque les chercheurs recommencent l'expérience avec 541 participants et des photos de mains tenant un couteau, un pinceau et un pistolet à eau, à nouveau, les hommes détenant l'objet le plus mortel, le couteau de cuisine sont imaginés plus grands et plus forts, suivi par ceux qui détiennent le pinceau puis le pistolet à eau.

Le danger pèse lourd dans nos esprits, commente Daniel Fessler, auteur principal de l'étude et professeur agrégé d'anthropologie à l'UCLA. Il explique ces résultats par un mécanisme psychique inconscient qui jauge l'adversaire et traduit l'ampleur de la menace avec les mêmes mesures que celles utilisées par les animaux, c'est-à-dire la taille et la force. « Nous avons conservé cette capacité d'évaluer les menaces d'une manière simple», explique Colin Holbrook, chercheur en anthropologie à l'UCLA et co-auteur de l'étude. « Bien que cette capacité soit très efficace, elle peut parfois nous égarer ».

Des résultats qui auront des répercussions pratiques, commentent les auteurs, pour mieux faire appliquer les lois, pour les gardiens de prison et dans l'armée…

Source: PLoS ONE published 11 Apr 2012 10.1371/journal.pone.0032751 “Weapons Make the Man (Larger): Formidability Is Represented as Size and Strength in Humans

Lire aussi: PSYCHO: Savoir écouter l'autre pour résoudre les conflits -

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