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SOCIÉTÉ: Les maladies psychiatriques aussi, font rage dans les gangs

Actualité publiée il y a 5 années 5 mois 14 heures
American Journal of Psychiatry

Troubles de la personnalité, psychose ou tentatives de suicide, les jeunes hommes, membres de gangs, souffrent de niveaux sans précédent de maladies psychiatriques, selon cette étude menée par l'Université Queen Mary de Londres. Les résultats de cette étude, certes britannique, mais à considérer, appellent à la création de services de santé spécialisés, dans les zones urbaines les plus difficiles.


Cette enquête britannique a analysé les mesures de maladie psychiatrique, violence chez 4.664 hommes âgés de 18 à 34 ans, appartenant à des classes sociales et des zones urbaines à forte proportion de gangs. Les chercheurs de l'Université Queen Mary ont rapproché ces évaluations de l'appartenance à un gang. C'est en fait, la première recherche à étudier l'association entre la violence des gangs et la santé mentale, autrement que sous l'angle consommation d'alcool ou usage de drogues.

· 70,4% des participants indiquent qu'ils n'ont pas fait usage de la violence dans les 5 dernières années,

· 27,3% reconnaissent une agression ou leur participation à une bagarre,

· 2,1% ont reconnu leur appartenance actuelle à un gang.

· Pour l'analyse, les participants ont été répartis en 3 groupes, les membres de gangs, les « violents » et les « non-violents ».

· Les « violents » et les membres de gangs sont

· en moyenne plus jeunes et plus susceptibles d'être au chômage.

· significativement plus susceptibles de souffrir d'un trouble mental

· significativement plus susceptibles d'accéder à des services psychiatriques.

· Seule la dépression apparaît nettement moins fréquente chez les membres de gangs et les hommes violents.

· Pensées de violence, victimisation et peur de la victimisation sont plus fréquemment retrouvées chez les membres de gangs, ce qui peut expliquer la prévalence élevée de la psychose et de l'anxiété.

Chez 108 membres de gangs interrogés,

· 85,8% présentent un trouble de la personnalité,

· 25,1% une psychose,

· 34,2% des TS,

· 58,9% un trouble anxieux,

· 75% présentent une dépendance à l'alcool,

· 57,4% une toxicomanie.

Quelle relation ? Alors qu'aucune étude n'a pu déterminer si la violence des gangs favorisait la maladie psychiatrique ou si une mauvaise santé mentale était un facteur favorable à l'adhésion à un gang, cette nouvelle étude dresse le portrait d'un problème de santé complexe, à l'intersection de la violence, de la toxicomanie et des troubles mentaux, chez ces jeunes hommes. Mais il est probable, expliquent les auteurs, que le trouble du stress post-traumatique, lié à l'exposition à la violence entraîne ces niveaux élevés de troubles anxieux et de psychose. Quant aux tentatives de suicide (TS), elles pourraient s'expliquer par une violence devenue impulsive, dirigée à la fois vers les autres ou vers soi-même.

Les auteurs appellent, au Royaume-Uni, à renforcer les services de soins spécialisés dans ces zones urbaines et à travailler sur l'adhésion de ces jeunes hommes à risque à ces services de santé de proximité. Ils rapportent, qu'au Royaume-Uni, 1% des 18 à 34 ans sont membres de gangs, et jusqu'à 9% dans certains quartiers de Londres. Les auteurs souhaitent entreprendre une étude longitudinale pour mieux identifier les facteurs de mauvaise santé mentale spécifiques à ce groupe.

Source: American Journal of Psychiatry Jul 2013 doi: 10.1176/appi.ajp.2013.12091188 Gang Membership, Violence, and Psychiatric Morbidity (Visuel © Jacques PALUT - Fotolia.com)

Lire aussi: TROUBLES MENTAUX, HANDICAP: La violence n'est pas loin, alerte l'OMS -

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