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SUPERVIRUS H5N1: Les recherches publiées ouvrent matière à réflexion

Actualité publiée il y a 6 années 8 mois 3 jours
Science

C’est la fin de 8 mois de controverse sur le fait de savoir si certaines données, devraient « être interdites de publication », dans l’intérêt public, et pour raison de biosécurité. La parution dans ce numéro spécial de juin de la revue Science, de différents documents de recherche sur le supervirus H5N1, transmissible entre furets par voie aéroportée, suit la publication en mai dernier, dans la revue Nature, de la première des 2 études bloquées depuis janvier par les autorités américaines.

Alors que la rédaction de Nature, relevait notre vulnérabilité face à des changements viraux relativement minimes, Bruce Alberts, Rédacteur en chef de Science salue à son tour cette publication qui permet, écrit-il, de permettre aux gens, dans le monde entier d'être beaucoup plus conscients de la menace potentielle posée par ce virus à l'humanité. La publication, en particulier du compte-rendu des recherches de Ron Fouchier, du Centre médical Erasmus à Rotterdam, après accord du gouvernement néerlandais, apporte des données complémentaires aux travaux de Yoshihiro Kawaoka de l'Université de Wisconsin-Madison, déjà publiées dans Nature, concernant le potentiel de mutation virus H5N1 jusqu'à une forme transmissible entre furets par voie aéroportée.


Des travaux moteurs pour la science comme pour la santé publique: Ces publications devraient contribuer à motiver décideurs et scientifiques à travailler à réduire le risque de pandémie lié au virus et ont constitué un cas d'école du double usage possible de la recherche, légitime à des fins scientifiques, mais qui peut être détournée pour constituer une menace biologique de santé publique. Cette controverse aura imposé d'entamer la révision, sous la gouverne de l'OMS, les mécanismes de validation de principe de telles recherches grâce à une collaboration resserrée entre experts scientifiques et experts en sécurité.

« Plus de peur que de mal » : H5N1, ou virus de la grippe aviaire, est un virus hautement pathogène et souvent mortel avec, depuis 2003, environ 700 cas recensés dans le monde, entraînant un taux de mortalité de 50% mais incapable jusque-là de se transmettre par voie aérienne. Mais ces deux études montrent que le virus hybride, s'il est transmissible entre mammifères par voie aéroportée et s'il pourrait émerger naturellement, est heureusement peu virulent. L'équipe de Kawaoka montre qu'il serait plutôt vulnérable aux antiviraux de première ligne. Du côté de Ron Fouchier, aucun des furets n'est décédé après infection par voie aérienne avec ce virus mutant, lui-aussi sensible à l'oseltamivir.

Source:

1- Science: Special Issue et Science 22 June 2012: Vol. 336 no. 6088 pp. 1534-1541 DOI: 10.1126/science.1213362 Airborne Transmission of Influenza A/H5N1 Virus Between Ferrets

2- Nature doi:10.1038/nature10831 Published online 02 May 2012 485,13–14 Experimental adaptation of an influenza H5 HA confers respiratory droplet transmission to a reassortant H5 HA/H1N1 virus in ferrets 03 May 2012- doi:10.1038/485013a “Mutant-flu paper published

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