Vous recherchez une actualité
Actualités

ULCÈRE DIABÉTIQUE: Une nouvelle combinaison enzymatique accélère la cicatrisation

Actualité publiée il y a 3 années 11 mois 4 semaines
PNAS

Ces travaux de l’Université de Notre Dame (US) ouvrent l'espoir d’une cicatrisation plus rapide de la plaie diabétique et de nouvelles stratégies de traitement pour ces plaies chroniques, complications majeures du diabète, qui entraînent encore plus de 8.000 amputations chaque année en France. Au cœur de cette découverte, 2 enzymes métalloprotéases matricielles (MMP) -donc impliquées dans la protéolyse de la matrice extracellulaire (tissu conjonctif)- et qui ont 2 effets contraires, l’un bénéfique et l’autre néfaste à la cicatrisation.

Rappelons l'enjeu représenté par les plaies diabétiques : En France, 3 millions de personnes, soit 4,7% de la population sont diabétiques et prennent un traitement médicamenteux. Parmi ces patients, plus de 20.000 sont hospitalisés chaque année pour une plaie du pied, et près de 8.000 sont amputées d'un membre inférieur. Aux-Etats-Unis, précisent les auteurs, ce type de plaies entraîne plus de 70.000 amputations des membres inférieurs chaque année. Pouvoir identifier des agents thérapeutiques pouvant accélérer ou faciliter la cicatrisation des plaies diabétiques est donc, en regard de l'épidémie mondiale de diabète, une priorité de Santé publique.


Ici, les chercheurs identifient, dans des dans les plaies de souris modèles de diabète, 2 enzymes

· MMP-8 qui pourrait jouer un rôle dans la réponse du corps à la cicatrisation des plaies et donc accélérer la cicatrisation de la plaie diabétique,

· MMP-9, aux effets néfastes, qui pourrait favoriser la chronicité de la plaie.

Lorsqu'ils utilisent, chez la souris, un inhibiteur de MMP-9, encore nommé «ND-322 », ils parviennent à accélérer considérablement la cicatrisation des plaies diabétiques.

Ø Mais ce n'est pas tout : à partir de à ils développent un nouvel inhibiteur de MMP-9, nommé « ND-336 », qui présente un avantage énorme, vs ND-322, une sélectivité 50 fois mieux ciblée sur l'inhibition de MMP-9 vs MMP-8. L'enzyme « bénéfique » MMP-8 est donc épargnée. Toujours sur la souris, les chercheurs montrent que les plaies diabétiques traitées avec ND-336 cicatrisent bien plus rapidement qu'avec avec ND-322 en raison de cette sélectivité renforcée.

Ø De plus, l'application de la seule l'enzyme MMP-8 sur les plaies de souris diabétiques accélère aussi la cicatrisation.

Ø Enfin, la combinaison de l'inhibiteur sélectif de la MMP-9 ND-336) et de MMP-8 améliore encore la cicatrisation.

En conclusion, c'est une stratégie prometteuse et considérable pour la cicatrisation des plaies diabétiques qui vient d'apporter sa première preuve de concept : la combinaison d'un inhibiteur de l'enzyme néfaste, et de l'enzyme bénéfique facilite considérablement la cicatrisation des plaies chez les patients diabétiques. Il reste bien évidemment à travers plusieurs essais cliniques sur des patients diabétiques à déterminer les niveaux de MMP-8 et MMP-9 dans les plaies et à ajuster ce traitement prometteur en fonction. Cs essais ont déjà débuté (à l'Elkhart General Hospital- Indiana).

Source: PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) October 20, 2015 doi: 10.1073/pnas.1517847112 Acceleration of diabetic wound healing using a novel protease–anti-protease combination therapy

Lire aussi: ULCÈRE DIABÉTIQUE: Une crème génique pour cicatriser plus vite

Retrouvez plus de 50 dossiers sur les Plaie et la cicatrisation sur notre Espace Connaissance

Pour y accéder vous devez être inscrit et vous identifier

Autres actualités sur le même thème