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VACCINATION: La rougeole, illustration d'une désaffection

Actualité publiée il y a 3 années 9 mois 2 semaines
MMWR

De nouvelles données publiées dans le rapport Morbidity and Mortality Weekly Report des US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire de l’OMS alertent sur l’absence de progression de la couverture vaccinale mondiale contre la rougeole. Au-delà de la rougeole, une maladie contre laquelle la vaccination, systématique, était encore peu remise en cause, ces chiffres illustrent une tendance générale à la désaffection pour la vaccination.

Ainsi, si la vaccination contre la rougeole a permis de réduire l'incidence de la maladie de 79%, depuis le début du siècle, la couverture par la première dose du vaccin s'est arrêtée de progresser depuis maintenant 4 ans. Même si tous les pays incluent au moins une dose de vaccin dans leur programme de vaccination systématique, seuls 122 (63%) ont atteint la couverture de 90% des enfants vaccinés avec la première dose. Seule la moitié des enfants du monde vont recevoir la deuxième dose pourtant recommandée.


En France, l'Institut de Veille sanitaire rappelle régulièrement, depuis la flambée épidémique de 2008, ayant touché plus de 23.500 personnes, la menace latente de la rougeole, une maladie contagieuse qui peut être grave et parfois mortelle et ne peut être endiguée efficacement qu'en maintenant une couverture vaccinale suffisante -en population générale. L'Académie de Médecine a posé la question du maintien de l'obligation vaccinale et propose de réhabiliter le concept. D'autant que les maladies infectieuses dont l'impact en santé publique est considérable (coqueluche, hépatite B, rubéole, oreillons, infections invasives à méningocoque ou à Haemophilus influenzae de type b,…) et la rougeole, ne font l'objet que de recommandations.

En France, comme ailleurs, les croyances communautaires et la désinformation alimententent les réticences et les doutes. Dans un « questions-réponses », dès 2013, l'OMS dénonçait ainsi 10 idées fausses qui jouent contre la vaccination :

1. L'amélioration de l'hygiène fera disparaître les maladies, donc les vaccins sont inutiles : FAUX. Même si une meilleure hygiène, le lavage des mains et l'eau potable contribuent à protéger contre les maladies infectieuses, de nombreuses infections peuvent encore se propager, quel que soit notre degré de propreté.

2. Les vaccins ont des effets secondaires nocifs à long terme qui ne sont pas encore connus. La vaccination peut même être mortelle : FAUX. L'OMS a rappelé la sécurité des vaccins avec des réactions vaccinales pour la plupart mineures et passagères. Les manifestations post-vaccinales graves sont extrêmement rares et font l'objet d'un suivi et de recherches approfondies. Le risque est en moyenne plus élevé lorsque l'on n'est pas vacciné, en particulier contre des maladies qui peuvent être mortelles.

3. Le vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche et le vaccin contre la poliomyélite sont responsables du syndrome de mort subite du nourrisson (MSN) : FAUX. Il n'existe pas de lien de cause à effet démontré entre l'administration de ces vaccins et la mort subite du nourrisson. Les décès par MSN survenant après la vaccination sont une coïncidence, explique l'OMS.

4. Les maladies évitables par la vaccination sont quasiment éradiquées de mon pays, donc je n'ai pas besoin de me faire vacciner : FAUX. La rougeole est le meilleur contre-exemple, l'insuffisance de couverture vaccinale en France a favorisé de nouvelles épidémies. A l'heure des échanges internationaux, les virus voyagent aussi. L'OMS rappelle le double objectif de la vaccination, se protéger et protéger les autres.

5. Les maladies infantiles évitables par la vaccination font simplement partie de la vie : FAUX. Non, les maladies comme la rougeole, les oreillons et la rubéole sont des maladies graves qui peuvent entraîner de sérieuses complications à la fois chez les enfants et chez les adultes. Ces complications sont évitables par la vaccination.

6. Administrer à un enfant plus d'un vaccin à la fois peut augmenter le risque d'effets secondaires néfastes, et surcharger son système immunitaire : FAUX. Les enfants sont exposés naturellement chaque jour à plusieurs centaines de substances exogènes qui déclenchent une réponse immunitaire…

7. La grippe est juste gênante, et le vaccin n'est pas très efficace : FAUX. La grippe tue de 300.000 à 500.000 personnes chaque année dans le monde. La vaccination est importante, en particulier pour les groupes de population vulnérables professionnels de santé, bien sûr.

8. Mieux vaut s'immuniser par la maladie que par les vaccins : FAUX. Les vaccins entraînent une réponse immunitaire semblable à celle produite par l'infection naturelle, mais ne provoquent pas la maladie. Certains vaccins contiennent du mercure, qui est dangereux : FAUX. . Il n'existe aucune donnée probante que le thiomersal, au niveau de la dose ajoutée à certains vaccins comme agent conservateur, représente un risque pour la santé.

9. L'autisme est causé par certains vaccins : FAUX. L'étude de 1998 à l'origine de l'hypothèse d'un lien entre le vaccin ROR et l'autisme, comportait de graves irrégularités. A ce jour, aucune corrélation n'a pu être établie entre le vaccin ROR et les troubles autistiques.

Les bénéfices de la vaccination sont individuels, mais aussi collectifs. Le vacciné est généralement bien protégé, mais il est aussi non‐contagieux : ainsi, il ne participe pas au développement d'une épidémie*.

Source: OMS, MMWR November 13, 2015 / 64(44);1246-1251 Progress Toward Regional Measles Elimination — Worldwide, 2000–2014

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