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ASPLÉNIE CONGÉNITALE: L'espoir d'un test génétique prénatal

Actualité publiée il y a 7 années 5 mois 3 semaines
Developmental Cell

Cette découverte d'une mutation génétique de l’asplénie congénitale, un déficit immunitaire de l’enfant lié à l’absence de rate, pourrait permettre le dépistage génétique prénatal de ce trouble mortel qui entraîne un risque extrêmement élevéd'infections graves, surtout chez l'enfant. Cette étude du Weill Cornell Medical College et l'Université Rockefeller, publiée dans l’édition du 3 mai de la revue Developmental Cell ouvre l'espoir de développement d’un test de dépistage pour cette maladie génétique rare.

La rate joue un rôle clé de défense contre les infections et les enfants privés de rate à la naissance auront besoin d'antibiothérapie tout au long de leur vie. Mais la plupart des diagnostics d'asplénie congénitale restent réalisés à l'autopsie après le décès de l'enfant meurt, généralement à la suite d'une pneumonie ou d'une méningite. « Pour toutes ces raisons, nous pensons que l'asplénie congénitale n'est si rare qu'on le croit », conclut le Dr Selleri. Ce qui rend le diagnostic complexe est que les patients présentant une asplénie congénitale n'ont généralement pas pour seule anomalie l'absence de rate, mais présentent aussi fréquemment des anomalies des vaisseaux sanguins. De plus, la majorité de ces cas surviennent de façon sporadique. Si la cause a longtemps été suggérée comme génétique, aucun des gènes candidats chez l'homme n'avait été identifié avant cette étude.


L'équipe de chercheurs a identifié le premier gène lié à cette maladie rare dans laquelle les bébés naissent sans rate, exposant ces enfants à risque de décéder d'infections contre lesquelles ils non pas de défenses. Ce gène, Nkx2.5 réglemente la genèse de la rate au cours du développement précoce chez la souris. Le Dr Selleri étudie depuis longtemps l'asplénie congénitale sur des modèles souris et avait déjà découvert qu'un facteur de transcription connu sous le nom PBX est le régulateur principal du développement de la rate chez des modèles murins. Le Dr Matthew Koss, du laboratoire du Dr Selleri, est parvenu à créer une souche de souris privée de PBX donc née sans rate. Il a identifié ensuite Nkx2.5, le gène en aval de PBX et découvert que Pbx contrôle la croissance de la rate en réglementant directement l'expression de Nkx2.5. L'équipe a ensuite montré que Nkx2.5 était muté dans une famille de patients splénectomisés, dont certains sont décédés d'infections mortelles et confirmé le rôle clé du gène Nkx2.5 dans l'asplénie congénitale humaine comme sur le modèle murin de la maladie. De la souris à l'Homme, l'équipe a ainsi montré comment l'étude des voies génétiques peut être exploitée pour mieux comprendre la pathogenèse de la maladie chez l'homme et dans l'objectif, ici, d'un meilleur diagnostic prénatal.

Un test qui peut sauver des vies : Car le test à développer permettrait d'alerter les parents que l'enfant à naître est en manque de cet organe ce qui pourrait ensuite être confirmé par un diagnostic par imagerie. D'autant que, « la bonne nouvelle est qu'avec un traitement antibiotique préventif approprié, on peut écarter le risque, pour ces enfants, de décès par infections mortelles », précise l'auteur principal de l'étude, le Dr Licia Selleri, professeur agrégé au Département de Biologie du Weill Cornell.

D'autres patients et familles atteints de ce trouble doivent encore être étudiés afin de pouvoir développer ce test prénatal. Il pourrait en effet y avoir d'autres mutations qui agissent de concert ou indépendamment de Nkx2.

Source: Developmental Cell 03 May 2012 doi:10.1016/j.devcel.2012.02.009 Congenital Asplenia in Mice and Humans with Mutations in a Pbx/Nkx2-5/p15 Module (Vignette Weill Cornell University)

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