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BISPHÉNOL A: L'exposition in utero associée à l'hypothyroïdie

Actualité publiée il y a 6 années 11 mois 4 semaines
Endocrinology

Le bisphénol A (BPA) peut affecter la fonction thyroïdienne : Cette étude française, publiée dans Endocrinology, la revue de l’Endocrine Society, montre, sur un modèle animal, que l'exposition in utero au perturbateur endocrinien est bien associée à une fonction thyroïdienne diminuée. Alors qu’une hypothyroïdie, caractérisée par une performance mentale et physique diminuée peut entraîner des problèmes de croissance et des troubles cognitifs, cette étude encourage à poursuivre les recherches sur le niveau d’exposition humaine associé à ce risque, pour la santé humaine.

L'étude, qui a porté sur des brebis adultes et leurs moutons nouveau-nés suggère, à nouveau, et au-delà de ses effets sur les fonctions de reproduction, des effets négatifs du BPA sur le système endocrinien, dont la fonction thyroïdienne. Le mouton est un modèle pertinent pour étudier la grossesse humaine et la régulation de la thyroïde, précisent les auteurs, et a permis d'évaluer ici dans quelle mesure l'exposition de la mère et des petits in utero peut être associée à une perturbation thyroïdienne. Certaines des brebis en gestation ont reçu quotidiennement des injections sous-cutanées de BPA, d'autres brebis ont été affectées au groupe de contrôle. Des échantillons de sang des brebis et de sang de cordon, de liquide amniotique, de placenta ont permis de mesurer les niveaux de BPA, d'hormone TSH et de thyroxine (une hormone thyroïdienne).


L'exposition au BPA associée à une perturbation de la fonction thyroïdienne : Les résultats montrent que l'exposition de la mère et du fœtus au BPA est associée à des perturbations de la fonction thyroïdienne à la fois chez les brebis enceintes tout au long de la grossesse et chez les nouveau-nés. Cette dysfonction est caractérisée par une diminution des taux circulants de la thyroxine. Cependant, les concentrations de BPA dans le sang de la mère dans cette expérience ont fluctué entre deux injections, de 1 à 15 fois l'équivalent des niveaux sanguins rapportés les plus élevés chez les femmes enceintes, dans la littérature. Si l'étude indique donc clairement que le BPA a le potentiel d'altérer la fonction thyroïdienne, les résultats ne sont pas exploitables en l'état en termes de risque pour la santé humaine dans les conditions réelles d'exposition humaine.

Le Pr Catherine Viguié, de ToxAlim, Centre de recherche en toxicologie alimentaire à Toulouse, auteur principal de l'étude commente ses résultats : «En raison des conséquences possibles de la perturbation thyroïdienne maternelle / fœtale sur le développement neuronal et cognitif, nous pensons que notre étude justifie des recherches complémentaires sur les effets du BPA sur la fonction thyroïdienne »

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