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DÉVELOPPEMENT: La relation aux parents prépare l'ouverture sociale à l'adolescence

Actualité publiée il y a 6 années 6 mois 3 jours
Child Development

L’insécurité des relations enfant-parents et la timidité de l'enfant à la petite enfance sont 2 facteurs qui se combinent pour prédire la santé mentale à l’adolescence, révèle cette étude américaine. Les conclusions, présentées dans la revue Child Development, montrent que la sécurité éprouvée par l’enfant dans sa relation avec ses parents peut gommer peu à peu sa timidité d’enfant et réduire son risque d’anxiété sociale à l’adolescence. Un point longitudinal dans la revue Child Development.

Un comportement d'inhibition ou des symptômes de peur ou de retrait chez les nourrissons face à des objets, des personnes et/ou des situations encore inconnues peuvent traduire ou prédire une propension à une inhibition comportementale. Quand ces enfants vont grandir, cette réticence à la nouveauté ou à l'inconnu et cette inhibition peuvent se renforcer et se consolider. Ces enfants inhibés ont également plus de risque de développer des troubles d'anxiété et, en particulier, à l'adolescence, de trouble d'anxiété sociale. Or c'est l'un des troubles psychiatriques les plus courants chez les enfants et les adolescents, avec un taux de prévalence estimé à 5,5% chez les 13 à 18 ans. Cette étude longitudinale montre qu'une inhibition comportementale persistante dans la petite enfance est associée à l'anxiété sociale à l'adolescence, mais seulement en cas d'insécurité dans les relations enfant-parents.


Les chercheurs de l'Université du Maryland en collaboration avec des chercheurs de l'Institut américain de la santé mentale et de l'Université de Waterloo ont suivi 165 enfants de l'âge de 4 mois à l'adolescence (14 à 17 ans).

1-L'attachement aux parents : À 14 mois, les nourrissons et leurs parents ont été observés en laboratoire pour voir comment les bébés répondaient à une séparation des parents. Le degré d'attachement des enfants, sécurisé ou non sécurisé a pu ainsi être évalué sur la base de cette observation. 2 scenarii se dessinent chez les nourrissons à fort attachement, soit ils ignorent, soit ils sont en colère et incapables de se calmer lorsque leurs parents reviennent.

2-Le degré d'Inhibition comportementale des enfants et ce que les auteurs ont nommé leur « réticence sociale » ont été observés, à plusieurs reprises (à 14, 24, 48 et 84 mois) par des mises en face à de nouvelles situations ou de nouvelles personnes. Les parents ont également renseigné par questionnaire le comportement de leur enfant face aux situations nouvelles et inconnues. Les chercheurs ont pu ainsi évaluer le degré d'inhibition des enfants au fil du temps.

3-Le degré d'anxiété sociale : Enfin, entre les âges de 14 et 17 ans, les adolescents eux-mêmes et leurs parents ont renseigné par questionnaires le degré d'anxiété. Certains jeunes déclaraient sortir fréquemment dans des fêtes et se retrouver face à d'autres personnes qu'ils ne connaissaient pas, d'autres se sentaient nerveux en situation de présentation face à un public ou même lors d'une séance de sport collectif…

L'analyse révèle que,

· les enfants à fort attachement aux parents et inhibés durant leur enfance continuent à éprouver des niveaux plus élevés d'anxiété et notamment l'anxiété sociale,

· les adolescents garçons profondément attachés à leurs parents et inhibés durant leur enfance s'avèrent les plus à risque d'anxiété sociale,

· l'association entre l'inhibition à l'enfance et l'anxiété sociale de l'adolescent est plus forte chez les enfants qui avaient réagi avec colère et n'avaient pas été capables de calmer à 1 mois, après avoir été séparés de leurs parents. L'association est en effet plus forte chez ces enfants que chez les enfants qui ont montré d'autres comportements.

C'est donc la combinaison de l'attachement parental et de l'inhibition à la petite enfance qui prédit l'anxiété à l'adolescence et l'anxiété sociale notamment. Les implications pour les parents et professionnels de l'enfance sont de s'efforcer de sécuriser la relation avec l'enfant et de l'aider à s'affranchir de cette timidité persistante à la petite enfance.

Source: Child Development 17 DEC 2014, DOI: 10.1111/cdev.12336 Infant Attachment Security and Early Childhood Behavioral Inhibition Interact to Predict Adolescent Social Anxiety Symptoms

Plus de 50 études sur le Développement de l'Enfant

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