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DÉVELOPPEMENT: Le babillage du nourrisson reflète sa capacité d'audition

Actualité publiée il y a 7 années 8 mois 4 semaines
Journal of Experimental Child Psychology

Vocalisations du nourrisson ou babillage, tous ces sons émis durant pendant la première année de vie vont suivre une série d'étapes prévisibles vers les premières syllabes puis les premiers mots. Cette étude de l’Université du Missouri (UM) confirme l’importance de ces vocalisations non seulement pour l’apprentissage du langage, mais aussi en tant qu’indice de la qualité d’audition de l’enfant. Les conclusions, présentées dans le Journal of Experimental Child Psychologymontrent que les vocalisations infantiles sont principalement motivées par la capacité des nourrissons à entendre leur propre babillage. Un appel aux interventions précoce en cas de suspicion de trouble de l'audition.

L'étude montre, en pratique, que des nourrissons atteints de surdité profonde ayant reçu des implants cochléaires pour corriger leur déficience auditive retrouvent les niveaux de vocalisation de leurs « homologues » bien-entendants et peuvent ainsi reprendre un développement normal du langage.


L'audition est un aspect essentiel de la motivation des enfants à faire ces vocalisations, explique l'auteur principal, Mary Fagan, professeur adjoint au Département des troubles de la communication à l'école des professions de la santé de l'UM.

Son étude qui a évalué les vocalisations de 27 nourrissons sans problème d'audition et de 16 nourrissons atteints de surdité profonde -candidats aux implants cochléaires- confirme que les nourrissons atteints de surdité profonde s'expriment beaucoup moins que les autres enfants. Mais dès que les nourrissons atteints de surdité reçoivent les implants cochléaires, leurs vocalisations reprennent très rapidement, dans les 4 mois qui suivent, le niveau des autres enfants. Les bébés sont intéressés par leurs propres sons et augmentent leur babillage quand ils peuvent l'entendre.

La première conclusion porte donc sur l'indice fourni par l'absence ou la rareté des vocalisations chez le petit enfant qui peut être associée à un trouble de l'audition. Les résultats confirment également l'importance du dépistage auditif précoce et d'une implantation cochléaire précoce, le cas échéant. On sait que la prise en charge précoce des troubles de l'audition conditionne le pronostic, qu'il s'agisse de l'acquisition du langage ou, à plus long terme, de l'intégration sociale.

Le dépistage néonatal précoce, rappelons-le, qui en France, a fait l'objet d'une controverse avant l'adoption, en 2012, de la proposition systématique d'un examen de repérage des troubles de l'audition, avant la sortie de l'enfant de la maternité.

Les pleurs et les rires ne sont pas affectés par la capacité auditive des nourrissons. Il convient donc d'apprendre à les interpréter en fonction de leur tonalité ou de la dynamique du son. Ils sont le principal mode d'expression et de communication des émotions de l'enfant et de précédentes études ont déjà travaillé sur leurs motivations ou leurs significations.

Enfin, encourager le babillage du bébé participe à favoriser son apprentissage : «Les bébés apprennent beaucoup par le son au cours de la première année de vie, rappelle l'auteur : « Nous savons que l'apprentissage des autres est important pour le développement des nourrissons, mais l'audition permet au nourrisson d'explorer ses propres vocalisations et d'améliorer par lui-même sa capacité à produire des sons ». Encourager le babillage du bébé, quitte à exagérer certaines voyelles lui permet un apprentissage plus rapide du langage, avait déjà suggéré une précédente étude de l'Université of Washington. Le contexte social dans lequel se produit la parole a également son importance sur cet apprentissage. Ainsi, l'apprentissage d'une langue passe par des repères contextuels et donc aussi par la vision, et plus ces indices sont systématiques et nombreux, mieux l'enfant mémorise les mots et leur signification.

L'équipe prévoit d'étudier comment les sons d'objets tels que des jouets musicaux, peuvent participer à l'exploration des vocalisations et à l'apprentissage du langage.

Source: Journal of Experimental Child Psychology October, 2014 DOI: 10.1016/j.jecp.2014.05.005 Frequency of vocalization before and after cochlear implantation: Dynamic effect of auditory feedback on infant behavior (Visuel SFP)

Lire aussi: APPRENTISSAGE du LANGAGE: Il passe par des repères contextuels

LANGAGE: Favoriser le babillage pour un meilleur apprentissage

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