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INFIRMIÈRES: Les postes prolongés font des patients insatisfaits

Actualité publiée il y a 6 années 3 mois 1 semaine
Health Affairs

Des postes prolongés de 12 heures ou plus sont monnaie courante pour le personnel infirmier des hôpitaux, en France comme dans ces 4 états américains, terrain de cette étude de l’Ecole d’Infirmières de la Penn. Des durées de travail prolongées à double effet, des personnels épuisés et des patients insatisfaits. Conclusions de cette étude, menée sur plus de 20.000 infirmières américaines, qui plaide pour la réorganisation du travail à l’hôpital, dans l’édition de novembre de la revue Health Affairs.


Dans une première étude, ces chercheurs de la Pennsylvania School of Nursing montrent que des infirmières qui travaillent par période de 10 heures ou plus ont un risque 2,5 fois plus élevé de connaître le burn out et l'insatisfaction au travail, en comparaison d'infirmières qui travaillent par plus courtes durées. 7 critères* de satisfaction du patient sur les 10 mesurés, sont directement impactés par les durées de travail du personnel soignant.

« Les durées de travail de 8 heures pour les infirmières hospitalières sont aujourd'hui du domaine du passé et la durée de travail progresse d'année en année pour atteindre 12 heures d'affilée. Ces durées de travail, combinées avec les heures supplémentaires, les changements d'équipes de jour et de nuit, et les gardes, mettent les infirmières à risque élevé de fatigue et d'épuisement, ce qui compromet la sécurité des soins aux patients », commente Le Pr Amy Witkoski Stimpfel, chercheur à la Penn Nursing. En France, dans la fonction publique hospitalière et selon les textes en vigueur, les postes de nuit durent 10 heures, et le temps de repos entre deux poste est au minimum de 12 heures. Cependant, il reste fréquent, en pratique, de devoir travailler 12 heures d'affilée.

L'étude qui a porté sur la Californie, le New Jersey, la Pennsylvanie et la Floride, soit environ 25% de la population des États-Unis et 20% des hospitalisations annuelles a couvert 23.000 infirmières qui ont participé sur une durée de suivi de 3 ans.

- 65% des infirmières s'avèrent travailler des périodes de 12-13 heures,

- la prévalence de l'épuisement professionnel et de l'intention déclarée de quitter le poste augmente au fur et à mesure de l'augmentation de la durée continue de travail.

- Dans les hôpitaux à fortes proportions d'infirmières travaillant des quarts plus longs, le pourcentage de patients rapportant des *déficiences dans la communication, une insuffisance dans la prise en charge de la douleur, une absence ou une insuffisance de soutien, est plus élevé.

Confier au management infirmier la gestion du temps de travail infirmier: Les auteurs recommandent donc de mettre en place des organisations qui garantissent la permanence des soins mais limitent le nombre d'heures consécutives de travail, et de confier au management infirmier la gestion des heures de travail des équipes infirmières. «Le leadership infirmier devrait également encourager une culture qui respecte les jours de congés, les vacances, un départ effectif de l'infirmière à la fin de son quart et le choix de l'infirmière d'accepter ou de refuser de faire des heures supplémentaires sans rémunération. Un appel donc à des politiques de temps de travail plus flexibles pour le personnel infirmier qui pourraient contribuer à la santé et l'épanouissement des personnels et à une meilleure gestion des besoins complexes des patients et de leurs familles.

Source: Health Affairs November 2012 doi: 10.1377/hlthaff.2011.1377 The Longer The Shifts For Hospital Nurses, The Higher The Levels Of Burnout And Patient Dissatisfaction et via University of Pennsylvania School of Nursing Long shifts lead to nurse burnout and dissatisfied patients

Lire aussi : Le BURN OUT des INFIRMIÈRES: Un impact mesurable sur les infections nosocomiales -


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