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MÉNOPAUSE: Hormonothérapie et risque accru de thrombose veineuse

Actualité publiée il y a 4 années 3 mois 2 semaines
Cochrane Library

Le THS ou traitement hormonal substitutif (THS), controversé voire abandonné pour traiter les symptômes de la ménopause, ne protège pas les femmes post-ménopausées contre les maladies cardiovasculaires, et peut même entraîner un risque accru de thrombose veineuse profonde, révèle cette analyse publiée dans la Cochrane Library.

L'hormonothérapie a des effets indésirables connus comme un risque accru de cancer du sein ou de maladies cardiovasculaires, cependant ce dernier risque a été discuté. Une étude danoise, publiée dans le British Medical Journal, par exemple, a ainsi conclu, sous condition d'une durée de traitement limitée, que le THS pourrait réduire le risque de crise cardiaque. L'étude ajoutait que les femmes ne devraient plus s'inquiéter sur la prise –sur prescription médicale- d'une l'hormonothérapie substitutive pour combattre les symptômes de la ménopause, sous condition d'un traitement de court terme, soit pas plus de 5 ans.


Cette analyse qui a examiné les effets de l'hormonothérapie prise durant au moins 6 mois (7 mois à 10 ans) sur 40.000 femmes à travers le monde, infirme ces conclusions optimistes. Car elle n'identifie aucune preuve d'effets protecteurs contre les décès, toutes causes confondues, et en particulier contre la mortalité cardiovasculaire. Tout au contraire, elle montre une légère augmentation du risque d'AVC chez les femmes post-ménopausées. Plus précisément, l'analyse constate que,

les femmes qui ont commencé une hormonothérapie au cours des 10 années suivant leur ménopause, la période de « pic » des symptômes, semblent bénéficier d'une petite protection contre le risque de décès, de crise cardiaque et ne présentent pas de risque accru d'AVC.

Cependant, chez ces mêmes femmes, le risque de thrombose veineuse profonde (TVP) est augmenté.

Une « Timing Hypothesis » : L'ampleur de l'effet « timing » reste à déterminer, précise toutefois le Dr Henry Boardman, du service de médecine cardiovasculaire de l'Université d'Oxford, qui confirme que le rapport bénéfice-risque de l'hormonothérapie varie selon l'âge de la patiente et le début de son traitement. Son analyse estime précisément que sur 1.000 femmes ayant débuté leur traitement avant 60 ans, l'impact pourrait être de l'ordre de 6 décès et 8 cas de maladie cardiaque en moins mais 5 cas de thrombose en plus, par rapport à .000 les femmes appariées pour l'âge mais naïves de traitement.

La décision thérapeutique est donc complexe, l'hormonothérapie pouvant bénéficier à certaines femmes et avoir des effets néfastes pour d'autres femmes. En conclusion l'avantage apparent dans la prévention de la maladie cardiaque, chez seulement certaines patientes, doit être mis en balance avec le risque de cancer du sein ou de l'ovaire, et celui de thrombose veineuse profonde. L'hormonothérapie reste une option de traitement limitée aux patientes les plus affectées par les symptômes de la ménopause, mais même dans ces cas, le rapport bénéfice-risque doit être soigneusement pesé.

Source: Cochrane Library 10 March 2015 DOI: 10.1002/14651858.CD002229.pub4 Hormone therapy for preventing cardiovascular disease in post-menopausal women

Lire aussi: MÉNOPAUSE: Du nouveau sur le front du THS -


Interstitiel Fiducial

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