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ANÉVRYSME de l'AORTE: Des bactéries de la bouche à… l'aorte

Actualité publiée il y a 9 années 3 mois 1 semaine
Inserm-PloS ONE

Ce sont des chercheurs français, de l’Inserm et de l’AP-HP, qui démontrent un lien fort entre l’inflammation des gencives et le développement d'anévrysmes de l'aorte abdominale (AAA). Mais quel rapport existe-t-il entre maladie parodontale et dilatation de l'aorte située dans l’abdomen? La réponse est dans cette étude publiée dans l’édition du 13 avril de la revue scientifique PloS ONE qui met en avant la responsabilité de bactéries d’origine buccale. Ainsi, le contrôle de la maladie parodontale pourrait représenter une stratégie thérapeutique pour limiter la progression de l’AAA.

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L'anévrysme de l'aorte abdominale est l'une des complications cliniques de l'athérosclérose, comme les accidents vasculaires cérébraux ou l'infarctus du myocarde, elle est due à la formation thrombus (caillot de sang) qui participe à la dégradation de la paroi de l'aorte, parfois à sa rupture, conduisant à la rupture d'anévrysme. Les AAA touchent jusqu'à 9% de la population adulte et sont cause d'1 à 2% de la mortalité des hommes âgés de plus de 65 ans. L'idée de départ des chercheurs était que des épisodes répétés de bactériémie parodontale puissent favoriser le développement de l'AAA.


Le thrombus, explique l'Inserm, ne bouche pas l'aorte mais est source d'enzymes qui digèrent la paroi du vaisseau et pourrait servir de point d'accroche pour des bactéries circulantes. Des études précédentes ont montré qu'un traitement avec un antibiotique, la doxycycline réduisait la croissance des AAA. Des études récentes ont également permis de détecter des bactéries parodontales dans des échantillons athérosclérotiques de patients japonais.

L'équipe de chercheurs vient en effet de montrer que les bactéries responsables des maladies de la gencive comme Porphyromonas gingivalis se retrouvaient dans les échantillons aortiques d'anévrysme humains et a cherché à élucider les mécanismes par lesquels ces bactéries présentes dans la gencive pouvaient être retrouvées au niveau de l'aorte.

Chez des rats, la taille de l'anévrysme est plus important chez les rats auxquels est injecté P.gingivalis avec absence de cicatrisation. La non-cicatrisation de ce thrombus pourrait être expliquée par un recrutement chronique de cellules de l'immunité, appelées neutrophiles (visuel ci-contre) attirés par un agent, les bactéries, qui pourraient entretenir ce phénomène de recrutement chronique. Pour les chercheurs, le recrutement de ces cellules pourrait donc être dû à des infections bactériennes récurrentes d'origine buccale.

"Ces résultats, à terme, pourraient permettre de ralentir voire stopper la progression des anévrysmes de l'aorte abdominale en traitant la maladie parodontale ou par l'utilisation d'antibiothérapies adaptées", concluent les auteurs.