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ANOREXIE SÉVÈRE: Le grand espoir de la stimulation cérébrale

Actualité publiée il y a 7 années 2 mois 3 semaines
The Lancet

Alors que la prise en charge, même précoce des adolescents souffrant d'anorexie mentale, ne parvient à rétablir une alimentation et un poids normaux que dans 30 à 60% des cas, que cette « récupération » est de plus en plus difficile avec la durée de la maladie, cette étude présentée dans l’édition du 7 mars du Lancet apporte un immense espoir aux familles et aux patients victimes de ce trouble du comportement alimentaire. Car, sur des patients atteints d’une anorexie sévère et réfractaire aux traitements standards, la stimulation cérébrale profonde (SCP) montre ici des résultats très prometteurs.

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C'est la première fois qu'un essai clinique, ici canadien, vient évaluer l'efficacité de la stimulation cérébrale profonde chez des patients atteints d'anorexie sévère. S'il s'agissait dans un premier temps de tester déjà son innocuité, l'essai constate sur 3 des 6 patients inclus une amélioration de l'humeur, une diminution de l'anxiété et une augmentation de leur indice de masse corporelle (IMC).


Un premier résultat, certes à confirmer mais prometteur et important alors que l'anorexie entraîne un taux de mortalité de 6% à 11%, est associée au risque de TS et reste l'un des troubles psychiatriques les plus difficiles à traiter, d'autant qu'il survient majoritairement à l'adolescence, plutôt chez les jeunes femmes. Alors que la stimulation cérébrale profonde est déjà utilisée pour traiter la maladie de Parkinson et testée pour traiter les troubles de la mémoire, dont l'Alzheimer et les conséquences cognitives des lésions cérébrales liées à l'AVC, ces chercheurs du Krembil Neuroscience Center et de l'University Health Network (Canada) ont souhaité évaluer la sécurité de la SCP et son impact potentiel sur les résultats cliniques de 6 patients atteints d'anorexie chronique, sévère et réfractaire au traitement, de sexe féminin, âgés entre 24 et 57 ans, et avec IMC moyen de …13,7. Ces patients souffraient d'anorexie depuis en moyenne, 18 ans et 5 d'entre eux avaient des antécédents d'hospitalisations liés à leur anorexie.

La cible, le cortex cingulaire subcallosal : Les chercheurs ont identifié par IRM le cortex cingulaire subcallosal, la cible choisie pour la procédure de SCP car déjà connue pour améliorer les symptômes chez les patients atteints de dépression réfractaire au traitement. La procédure a été réalisée sous anesthésie locale et 10 jours après l'intervention chirurgicale, les patients sont retournés à l'hôpital pour SCP. Les évaluations psychométriques ont été répétées à 1, 3 et 6 mois après la chirurgie. L'IMC a été calculé à 2, 3, 6 et 9 mois après l'activation.

Bonne tolérance et amélioration clinique dans 50% des cas : Les chercheurs signalent que la SCP a été généralement bien tolérée, avec seulement 1 événement indésirable grave (une crise 2 semaines après l'implantation initiale). 2 mois après l'intervention, les patients avaient perdu du poids, mais, 3 mois après, 5 des 6 patients se sont stabilisés et ont pris du poids. 9 mois plus tard, 3 des 6 patients parvenaient à maintenir un poids plus élevé qu'avant le début du traitement. De plus, la SCP a été associée à une amélioration de l'humeur, une réduction de l'anxiété, un meilleur équilibre affectif et une moindre fréquence des comportements obsessionnels compulsifs chez 4 des 6 patients et à une meilleure qualité de vie chez 3 des 6 patients, après 6 mois de stimulation. Ces effets cliniques ont été accompagnés de modifications du métabolisme cérébral du glucose.

Un commentaire publié dans la même édition juge également ces résultats «prometteurs» et porteurs d'espoir pour les patients atteints de formes particulièrement sévères d'anorexie et leurs familles.

Source: The Lancet 7 March 2013doi:10.1016/S0140-6736(12)62188-6 Subcallosal cingulate deep brain stimulation for treatment-refractory anorexia nervosa: a phase 1 pilot trial et 7 March 2013 doi:10.1016/S0140-6736(13)60057-4 DBS for treatment-refractory anorexia nervosa (Visuel NIH, vignette St. Jude Medical)

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