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CHICHA: Et si l'exposition était encore plus nocive

Actualité publiée il y a 5 années 7 mois 4 jours
Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention

Narguilé, chicha, houka, bang, les pipes à eau sont devenues un phénomène de mode, en particulier chez les jeunes qui la perçoivent souvent comme une alternative sûre à la cigarette. Pourtant, la pipe à eau entraîne une exposition particulièrement élevée à la nicotine et aux agents cancérigènes du tabac, confirme cette étude publiée dans la revue Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, une revue de l'American Association for Cancer Research.


L'étude relève en effet chez 55 jeunes adultes en bonne santé, âgés de 18 à 48 ans, fumeurs expérimentés de pipe à eau, des niveaux élevés de nicotine, de cotinine, d'agents cancérigènes et de composés organiques volatils (COV) dans l'urine, des facteurs d'augmentation du risque de cancer et d'autres maladies chroniques. Les participants ont été invités à s'abstenir de fumer pendant une semaine avant l'étude puis ont passé environ 74 minutes à fumer à la pipe, dans un bar à chicha de leur choix.

Les analyses du lendemain confirment, vs avant la séance,

· un apport systémique de nitrosamines, des substances classées cancérigènes par l'OMS, et de COV spécifiques au tabac,

· une concentration x par 10,4 de nicotine dans les urines,

· une concentration x par 3,2 de cotinine,

· une concentration x par 2,2 de NNAL, un métabolite du tabac (NNK) associé aux nitrosamines,

· une augmentation de 14 à 91% selon les participants de produits dérivés des COV (benzène, acroléine…).

· La durée d'utilisation de la pipe à eau s'avère corrélée de façon significative avec l'augmentation des niveaux de nicotine dans l'urine post-exposition, et le nombre de bols à narguilé fumés significativement corrélé avec l'augmentation dans l'urine post-exposition et le lendemain des niveaux de cotinine.

· L'augmentation moyenne des taux de nicotine, après la séance est comparable aux niveaux obtenus après avoir fumé au moins une cigarette.

Le Pr Gideon St.Helen, chercheur en pharmacologie clinique à l'Université de Californie, San Francisco, considère que ces nouvelles données soulèvent des inquiétudes au sujet du risque de dépendance possible avec la pipe à eau et sur ses effets sur le cerveau en développement des adolescents.

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