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COQUELUCHE: Un vaccin efficace 3 ans au lieu de 7?

Actualité publiée il y a 8 années 4 mois 1 semaine
ICAAC

Cette étude du Centre médical Kaiser Permanente de Californie, vient de démontrer une résurgence de cas de coqueluche chez de jeunes adolescents qui avaient bien reçu leur rappel de vaccination à l’âge de 5 ans. Cette constatation coïncide avec une résurgence importante de cas en Californie et suggère une efficacité trop limitée du rappel vaccinal dans le temps. Cela implique une transmission accrue de l’infection et une couverture vaccinale plus faible que prévu. L’étude, présentée le 19 septembre à la 51ème l’Interscience Conference on Antimicrobial Agents (ICAAC) organisée par l’American Society for Microbiology, confirme que l’efficacité du vaccin chute au-delà de 3 ans après la vaccination et que les directives vaccinales doivent être revues.

Ces jeunes ados qui avaient bien eu leur rappel de vaccination à l'âge de 5 ans auraient dû être protégés jusqu'à leur dernier rappel de vaccination donc jusqu'à l'âge de 12 ans. Mais les médecins confirment que les dossiers des 171 cas étudiés montrent que le vaccin aurait protégé les enfants bien moins de temps que prévu. Les chercheurs font l'hypothèse que l'amplification de l'épidémie de coqueluche qui a touché plus de 9.000 personnes et tué 11 enfants en Californie, en 2010 a trouvé là, son explication.


"La vaste majorité de ces enfants avaient été correctement vaccinés», explique le Dr David Witt, chef du centre médical des maladies infectieuses. Sur 171, 132 enfants étaient âgés de 8 à 14 ans. L'incidence de la coqueluche dans ce groupe d'âge s'avère multipliée par presque 20 en comparaison de celle du groupe d'âge préscolaire et, à 13 ans, ce taux chute à nouveau. Le pic se situe à mi-chemin entre 2 rappels et l'augmentation de la prévalence commence exactement 3 ans après le rappel vaccinal.

Le calendrier de vaccination aux US et en France : Aux Etats-Unis, le calendrier de vaccination contre la coqueluche pour les enfants est : à 2 mois, 4 mois, 6 mois, entre 15 et 18 mois puis à 5 ans et à nouveau à 12 ans. Un rappel est également recommandé pour les adultes, surtout pour les professions impliquant un contact étroit avec des enfants. En France : 2mois, 3 mois, 4 mois, 16-18 mois, 11-13 ans et un rappel du vaccin coquelucheux est recommandé chez les adolescents et comme aux Etats-Unis, chez les adultes au contact de nourrissons.

Des transmetteurs d'infections en puissance: C'est le plus gros problème posé par une présomption de protection, alors que le vaccin n'est plus efficace. Les auteurs insistent sur le risque de transmission de l'infection à d'autres membres de la famille ou de la communauté, en particulier aux grands-parents au système immunitaire affaiblis et aux nourrissons particulièrement à risque.

Aux Etats-Unis aussi, la défiance s'installe vis-à-vis de la vaccination: L'immunité chez les enfants vaccinés aggrave l'insuffisance de couverture vaccinale, puisqu'elle vient s'ajouter aux enfants dont les familles refusent la vaccination. Un phénomène en forte progression aux Etats-Unis, où la défiance s'installe vis-à-vis de la vaccination. En Californie c'est le cas de 3 à 10% des parents pour raisons personnelles. Un médecin de la Mayo Clinic avait récemment souligné ce phénomène « en poussant un coup de gueule » en faveur de la vaccination contre la rougeole.

Revoir les directives vaccinales? Les Centers for Disease Control and Prevention américains ont donc été alertés sur cette déficience supposée du vaccin. Des études vont être menées pour vérifier si les mêmes résultats ont été observés ailleurs. Lors de leur présentation à l'ICAAC, les chercheurs concluent «les rappels de vaccination anticoquelucheux acellulaires sont efficaces, mais moins durables qu'on ne le pensait auparavant. Les directives de vaccination et les mesures de contrôle de la coqueluche ont besoin d'être revues.

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