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DONS d'ORGANES: Infirmière ressource, entre le drame humain et la vie

Actualité publiée il y a 7 années 2 mois 6 jours
CHU de Québec

Pour parvenir à identifier les donneurs potentiels et assurer le contact avec les familles, au CHU de Québec, l’organisation compte sur l’expertise des infirmières ressources en don d’organes et de tissus dont le travail se situe à mi-chemin entre le drame humain et la vie. Ces témoignages d’infirmières montrent toute la sensibilité nécessaire dans l’accompagnement des familles et comment le don d’organes ou de tissus, peut, en fin de compte, contribue à rendre le décès d’un être cher plus acceptable.

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« Notre rôle est d'accompagner les familles et de les aider à comprendre ce qui arrive. On ne leur parle jamais de la possibilité du don d'organes avant l'arrêt des traitements ou avant d'être à l'étape des soins de confort », explique Renée L'Heureux, infirmière ressource en don d'organes et de tissus.


Seul 1 % des décès ont le potentiel de conduire au don, soit le décès neurologique ou le décès cardio-circulatoire. Dans les deux circonstances, la personne a subi une atteinte neurologique grave sans aucun espoir de survie ou de guérison.

« Je me souviens d'un samedi matin où le médecin m'avait demandé de rencontrer l'époux et les enfants d'une dame de 70 ans. Ils étaient étonnés d'apprendre que, malgré l'âge de la dame, le don était possible. Le lundi, quand est arrivé le décès neurologique, le monsieur a dit, de manière tout à fait sereine : ma femme a choisi d'être donneuse, elle est en décès neurologique. Elle va faire partie des 1 %. », raconte Mme L'Heureux.

Chez certaines familles, le don d'organes et de tissus contribue à rendre le décès d'un être cher plus acceptable. « Lorsqu'une famille choisit de faire le don, elle y tient. Cela devient très important pour eux, car cela donne un sens à une situation qui n'en a pas. Ils comprennent que cette mort peut apporter quelque chose de bien, que les organes donnés par leur être cher permettent de sauver plusieurs vies. », souligne Valérie Beaupré, infirmière ressource.

Un baume, pour les familles, sur le deuil d'un être cher : Pour Danielle Gervais et Ghislain Lizotte qui ont perdu leur fille de six ans dans un accident de voiture en 2003, ces équipes accomplissent des miracles en défendant la vie au beau milieu des pires drames humains.

Neuf ans plus tard, la mère se souvient de ce qu'elle perçoit aujourd'hui comme des signes qui l'aident à accepter l'insensé. « Quand nous avons été frappés, je venais de dire à ma fille : on est heureuses, n'est-ce pas, Marie-Ève? » L'enfant a acquiescé tout naturellement, puis leur voiture a été percutée quelques secondes après. « Depuis ce jour, j'essaie d'honorer les derniers mots qu'on s'est échangés, malgré l'insondable absence de notre fille. Ce n'est pas facile. Mais sa mort a un certain sens malgré tout. Cinq enfants poursuivent leur vie avec une meilleure santé. Mon conjoint et moi pensons au bonheur intense qu'on eut ces parents et ces enfants qui ont reçu l'appel tant attendu les informant enfin de la disponibilité du tissu et de l'organe. Ça redonne la vie et la santé, mais aussi pour les parents l'espoir de vivre plus longtemps avec leur enfant. Ce qui nous a été si subitement enlevé, nous avons pu le donner grâce à notre consentement. C'est d'une beauté immense ce don-là », exprime la mère de Marie-Ève.

Son conjoint et elle ont tenu à obtenir le premier bulletin de santé des cinq greffés. Ils étaient heureux de savoir que chacune des greffes avait réussi. « C'est ce qui donne un sens à la courte vie de Marie-Ève. Il n'y en pas d'autre. J'ai rencontré depuis d'autres parents qui ont perdu leur enfant et dont la mort, à mon sens, a été inutile parce qu'ils n'ont pas pu consentir au don d'organes et de tissus et je me demande comment ils font. Vous voyez comment ce maillon de la chaîne de la vie nous soutient dans notre deuil. Ça me nourrit ici et maintenant, poursuit la mère. Je sais que ces dix parents sont heureux de voir leur enfant grandir. Ça me donne des ailes dans mon deuil. Je peux dire que je suis vraiment la maman d'un ange. »

Ces témoignages transmis par le CHU de Québec, où 2 centres d'expertise conduisent les activités de dons et de greffes montre, une nouvelle fois, toute l'importance de l'information puis du soutien des familles, ici, par es Infirmières « ressource » dans le don d'organes et de tissus.

En France (voir ci-contre), si entre 2000 et 2011, le nombre de personnes prélevées a augmenté de 60 % et le nombre de greffes de 54 %, plus de 16.000 personnes en France restent en attente d'une greffe.

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