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HÉPATITE C: Le traitement par interféron, cause de dépression

Actualité publiée il y a 10 années 3 mois 2 semaines
International Journal of Interferon, Cytokine and Mediator Research

Le taux de dépression peut atteindre 40% chez les patients atteints d'hépatite C. En cause, nous explique cette étude de la Loyola University, le traitement standard, qui comprend un médicament, l’interféron pégylé, associé à un risque accru de dépression. Leur étude, publiée dans l’édition de mars de l'International Journal of Interferon, Cytokine and Mediator Research montre toute la complexité de diagnostic et de gestion de la dépression avant et après l'initiation du traitement par interféron.

Le Dr Murali S. Rao de la Loyola University, co-auteur de l'étude rappelle que la dépression est une complication relativement fréquente et grave du traitement par interféron pour l'hépatite C mais qu'il ne faut pas, pour autant, négliger les autres étiologies possibles de la dépression chez ces patients. D'autant que ce problème est fréquent, l'hépatite C étant l'une des infections chroniques les plus fréquentes transmise par le sang. Aux seuls Etats-Unis, 3,2 millions de personnes seraient porteuses chroniques. En France, on estime à 232.000 le nombre de sujets infectés et jusqu'à 4.400 nouvelles contaminations et plus de 2.600 décès par an liés à l'hépatite C.


Un risque de dépression estimé à 10 à 40% avec l'interféron : Utilisé en combinaison avec des antiviraux (ribavirine), l'interféron pégylé donne des taux de guérison durables, peut contribuer à soulager les douleurs musculaires et articulaires et réduire la fatigue. Mais un de ses effets secondaires bien établis est le risque de pensées suicidaires et de dépression, avec un niveau de sévérité variable. La prévalence de la dépression chez les patients sous interféron pour le traitement de l'hépatite C est estimée entre 10 et 40%. L'une des principales préoccupations dans le traitement des patients atteints d'hépatite C est le risque de suicide, d'autant que de nombreux patients sont déjà déprimés avant même de commencer le traitement. En particulier, les patients avec antécédents personnels ou familiaux de troubles de l'humeur, de dépression, de pensées suicidaires voire de tentatives de suicide (TS) devraient être soigneusement évalué par un spécialiste pour une évaluation du risque de suicide et de dépression.

Quid des antidépresseurs avant le traitement ? Les antidépresseurs de classe ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) ont montré leur efficacité dans le traitement de la dépression chez les patients atteints d'hépatite traités à l'interféron. La classe des antidépresseurs SNRI (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline) peuvent aussi soulager les symptômes dépressifs chez les patients prenant de l'interféron. Mais les données sur l'efficacité de l'administration d'antidépresseurs avant de commencer l'interféron sont contradictoires, écrivent les auteurs. Car l'interféron peut affecter le niveau de sérotonine, le neurotransmetteur en partie responsable du contrôle de l'humeur et d'autres fonctions cérébrales. C'est pourquoi les antidépresseurs ne fonctionnent pas toujours chez les patients sous interféron.

Source: International Journal of Interferon, Cytokine and Mediator Research Published Date March 2012 Volume 2012:4 Pages 25 – 35 DOI: 10.2147/IJICMR.S28901 Depression and pegylated interferon-based hepatitis C treatment (Visuel E. H. Cook Jr/CDC)

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