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HYPNOSE: elle confirme son intérêt dans l'anesthésie

Actualité publiée il y a 4 années 10 mois 6 jours
Inserm

Sa pratique n’est pas encadrée en France, n’est pas reconnue par l’Ordre des médecins et n’est pas prise en charge par l’assurance maladie. Pourtant, plus en plus nombreuses sont les études qui testent et documentent le recours à l’hypnose dans différentes situations médicales. La Haute Autorité de Santé (HAS) l’évoque dans la prise en charge de la douleur aiguë en ambulatoire chez l’enfant, en complément des antalgiques, et l’Académie Nationale de Médecine suggère son intérêt dans la prise en charge de la douleur aiguë chez l’enfant en chimiothérapie. Cependant, pour de nombreuses indications évoquées ou retenues en pratique clinique, la preuve manque sur son efficacité. Ce nouveau rapport de l’Inserm, au vu des données actuelles, ne confirme son efficacité que dans 2 indications, lors d’une anesthésie et pour la prise en charge du syndrome du côlon irritable.

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Cet état, ni vigilance ni sommeil, défini comme « un état modifié de conscience », observable par les techniques d'imagerie modernes est caractérisé sur un plan biologique par des modifications de l'activité de certaines zones cérébrales lors de suggestions chez le sujet sous hypnose.


Afin de tenter d'évaluer l'efficacité de l'hypnose dans les différentes pathologies, l'équipe de l'Inserm (Unité Inserm 1018 « Santé mentale et santé publique ») a effectué une méta-analyse de 52 essais cliniques portant sur l'hypnose et 17 essais concernant l'EMDR ((Eye Movement Desensitization and Reprocessing), une technique proche de l'hypnose, de désensibilisation et retraitement par mouvements oculaires.

Cette méta-analyse confirme l'efficacité de ces techniques dans 3 domaines:

· L'anesthésie: L'hypnose permet de réduire la consommation d'antalgiques et de sédatifs, ce qui suggère qu'elle pourrait permettre de réduire la douleur, l'anxiété ou d'autres effets secondaires indésirables de l'intervention et de l'anesthésie. En France, on a récemment publié sur l'initiative du CHRU de Montpellier de recours à l'hypnose ou hypno-analgésie pour gérer la douleur de l'enfant, en cas d'interventions légères. Egalement, sur l'efficacité de la curiethérapie sous hypnose, au service de radiothérapie au Centre Hospitalier Lyon-Sud (HCL) dans le traitement du cancer de la prostate.

· Le syndrome du côlon irritable : là-aussi, les études testant l'hypnose pour traiter cette pathologie confirment sa capacité à réduire les symptômes digestifs.

· Le syndrome stress post-traumatique trouve, avec l'EMDR, une thérapie efficace voire plus que les thérapies classiques. Les thérapies cognitivo-comportementales centrées sur le traumatisme et l'EMDR seraient même les plus efficaces des psychothérapies dans ce cas, conclut le rapport de l'Inserm.

Des données insuffisantes d'efficacité dans la prise en charge de nombreuses pathologies : reste un grand nombre de pathologies pour lesquelles l'hypnose est fréquemment envisagée mais pour lesquelles des données d'efficacité manquent. Ainsi, l'équipe de l'Inserm n'a pu conclure à un intérêt de l'hypnose dans la prise en charge de la douleur pendant l'accouchement, la prévention de la dépression post-partum, la schizophrénie, les soins dentaires ou encore le sevrage tabagique.

Face à cette insuffisance de données, les chercheurs suggèrent la création d'un système de surveillance pour recueillir les données issues du terrain mais aussi pour éviter tout retard ou entrave à l'accès aux soins conventionnels nécessaires.

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